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Russie/Géorgie
Saakashvili accusé de crimes de guerre
Grégoire Comhaire
Mis en ligne le 26/09/2008
La vérité a ses droits. C'est en ces termes que les sénateurs Josy Dubié (Ecolo) et Christine Defraigne (MR) ont intitulé leur rapport au retour d'une mission menée sur le terrain en Ossétie du Sud. Un voyage privé, réalisé à leurs frais, dans le but de mieux se rendre compte des circonstances du conflit qui a fait rage dans la région le mois dernier. Les deux sénateurs n'ont pas mâché leurs mots à l'égard de la Géorgie et de son président Mikhaïl Saakashvili, allant jusqu'à qualifier celui-ci de "criminel de guerre."
Dénonçant un contexte de désinformation et une presse occidentale qui a largement donné aux Russes le rôle de l'agresseur, Josy Dubié et Christine Defraigne ont d'abord voulu remettre les pendules à l'heure : "ce sont les Géorgiens qui ont entamé les hostilités" en attaquant délibérant l'Ossétie du Sud dans la nuit du 7 au 8 août 2008. Une attaque qui a eu selon eux pour conséquences de nombreuses attaques contre des cibles civiles.
Les deux sénateurs ont notamment cité le cas de l'hôpital principal de Tskhinvali, "bombardé pendant trois jours par l'artillerie géorgienne." ou celui du quartier juif de la capitale sud-ossète, également pilonné par l'armée "alors qu'aucun militaire ne s'y trouvait". Ils ont également recueilli plusieurs témoignages faisant état de civils tués alors qu'ils fuyaient les combats. "Attaquer délibérément des cibles civiles constitue un crime de guerre en terme de droit international" a rappelé Josy Dubié qui, avec Christine Defraigne estime que la Cour Pénale Internationale devrait se saisir du dossier.
De nombreux témoignages recueillis par les deux sénateurs font toutefois également état d'exactions commises à l'encontre de civils géorgiens par des miliciens. "Des groupes incontrôlés composés d'Ossètes et d'autres volontaires caucasiens" expliquent-ils, d'où la nécessité encore d'une enquête internationale pour faire la lumière sur tous ces évènements.
Pas des agents du FSB
Conscients que certains leur reprocheraient d'avoir fait preuve de parti pris, Josy Dubié et Christine Defraigne ont tenu à rappeler l'objectivité dont ils avaient fait preuve dans leurs observations. "Nous ne sommes pas des agents du FSB (les services secrets russes NDLR)" ont-ils martelé, rappelant qu'ils condamnaient toujours la politique de Moscou en Tchétchénie. "Les Russes ne sont pas des enfants de cœur mais nous avons ici un président géorgien qui est un aventuriste" a dit Christine Defraigne en regrettant au passage que d'autres sénateurs belges, et notamment Anne-Marie Lizin, ait récemment serré la main de Mikhaïl Saakashvili.
Au regard des évènements, les deux sénateurs estiment qu'il serait dangereux d'admettre la Géorgie au sein de l'OTAN. Ils se sont engagés à tout faire pour que la Belgique use de son droit de veto si cette perspective venait un jour à être discutée en haut lieu. Et évoquant la présence de navires russes dans les Caraïbes, tous deux ont rappelé à quel point une escalade dans les tensions entre la Russie et l'occident pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le monde. "On verrait un retour à la course aux armements alors qu'il faut consacrer notre argent à lutter contre la pauvreté dans le monde" a dit Josy Dubié.
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