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sommet UE

La crise est aussi politique

Olivier le Bussy

Mis en ligne le 28/02/2009

Les Vingt-sept se retrouvent dimanche à Bruxelles pour parler de la crise. Des lézardes apparaissent entre anciens et nouveaux Etats membres. En déroute économique, les seconds attendent plus de solidarité des premiers.

Face à la gravité de la situation, l’heure devrait en principe être à l’union sacrée entre les Vingt-sept, plongés en plein marasme économique et financier. Or l’atmosphère n’est pas précisément à l’entente cordiale, à la veille du sommet extraordinaire qui rassemblera dimanche à Bruxelles les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-sept pour faire le point sur la crise. Non seulement les Etats membres ont tendance à jouer cavalier seul pour tenter de résoudre les problèmes qui se posent à eux, mais, de surcroît, des lézardes sont apparues entre les anciens et les nouveaux Etats membres. Ou, dit autrement, entre les pays d’Europe occidentale et ceux d’Europe centrale et orientale.

La façon dont a été convoqué le sommet informel avait déjà donné le ton. Car si le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, président en exercice de l’Union, s’est décidé à rassembler ses partenaires autour de la table, c’est notamment parce qu’il voulait damer le pion au Français Sarkozy qui poussait pour une réunion des leaders des Etats de l’Eurogroupe - ce dont l’a dissuadé la chancelière allemande Merkel.

Alors qu’un diplomate européen admet que "convoquer un nouveau sommet de l’eurozone aurait été une maladresse", il est piquant de constater qu’avant de rejoindre leurs pairs pour un dîner dominical, les leaders de neuf Etats membres de l’Est (Estonie, Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Lettonie, Lituanie, Roumanie et Bulgarie) se réuniront dans la matinée, à l’initiative de Varsovie. Objectif : établir un front commun avant l’entame des débats. C’est qu’au moment où leurs économies respectives sont en pleine déconfiture - notamment en raison de la crise des liquidités que connaissent leurs institutions financières (lire p.3) et des taux de change défavorables -, les anciens pays communistes ont l’impression que les Etats membres occidentaux ne jouent pas pleinement la carte de la solidarité.

Protectionnisme et euro

Problème numéro un : la tentation protectionniste, clairement affichée par Nicolas Sarkozy, qui avait déclaré que si la France venait en aide de son secteur automobile, ce n’était pas pour qu’il délocalise sa production "en République tchèque". Mirek Topolanek avait vu rouge, estimant, non sans raison, que la volonté française allait à l’encontre du principe d’un marché unique. Mais, depuis, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne ont suivi le mouvement français, au grand dam des pays de l’Est.

Problème numéro deux : les Premiers ministres hongrois Gyurscany et polonais Tusk ont plaidé pour une intégration accélérée dans la zone euro, considérée comme un parapluie en temps de crise. Le principe pose problème à plusieurs Etats membres qui estiment imprudent d’élargir le groupe des seize à des pays économiquement affaiblis, alors que la zone euro est elle-même en proie à de sérieuses turbulences. Ensuite, les neuf sont agacés par la volonté de certains Etats de créer des bonds obligataires pour faciliter la capacité d’emprunt de certains des leurs, ce qui aurait pour effet, pense-t-on à l’Est, de créer une Europe à deux vitesses.

Problème numéro trois : les pays de l’Est réclament le concours de ceux de l’Ouest pour prévenir l’effondrement de leurs économies - la Lettonie et la Hongrie sont déjà sous perfusion du FMI. La réponse sera-t-elle collective ou bilatérale ? La réunion de dimanche pourrait ouvrir l’une ou l’autre piste.

Quoi qu’il en soit, "on aurait tort d’accréditer l’idée qu’il y a un problème à l’Est qui pourrait être réglé par l’Ouest, estime une source diplomatique. Chaque situation est différente."

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