France 2017

"L'oeil du 20h" de France 2 s'est intéressé ce jeudi aux comptes de campagne d'Emmanuel Macron.

Le 16 novembre 2016, à Bobigny, dans la Seine-Saint-Denis, Emmanuel Macron annonce officiellement sa candidature à l'élection présidentielle. Une déclaration très attendue par de nombreux observateurs persuadés depuis des mois que Macron avait quitté son poste de ministre de l'Economie en vue de se présenter. L'homme politique avait effectivement démissionné le 30 août 2016. Pourtant, selon certains, Emmanuel Macron avait dans l'idée de se porter candidat depuis plus longtemps encore. Ainsi, il avait besoin de lever des fonds, et l'aurait fait pendant qu'il était encore ministre.

Une levée de fonds à Londres réalisée sur "un temps privé"

En mai 2016, Georges Fenech (LR) interpelle Emmanuel Macron lors d'une séance de questions au gouvernement sur son déplacement à Londres mi-avril. Lors de cette visite, celui qui était encore ministre a levé des fonds en marge d'un déplacement officiel organisé par l'Etat. "Cela pose question sur la confusion des genres ou, pire, sur un conflit d'intérêts". Le Premier ministre, Manuel Valls, répondait alors :  "Ce que je souhaite, et c'est le cas, c'est que les membres du gouvernement soient pleinement et totalement engagés dans leur tâche parce qu'il y a une crise politique, une mise en cause du politique".

Le JDD expliquait à l'époque qu'Emmanuel Macron avait dîné à Londres avec des banquiers et des chefs d'entreprise. Emmanuel Macron lui-même reconnaissait avoir procédé à un appel aux dons. "Il s'agit d'un temps privé, en dehors de tout moyen de l'Etat".

Une escorte et des voitures, aux frais du contribuable?

Mais Emmanuel Macron avait-il le droit de récolter ces fonds en étant ministre? C'est la question posée par France 2.

"L’article 52-8 du code électoral est très clair : 'Les personnes morales (...) (ndlr : comprenez l'Etat) ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d'un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit...' Ces dons, ce sont par exemple les véhicules ou encore les chauffeurs mis à la disposition du ministre et utilisés lors de ses déplacements", peut-on lire sur France Tv Info

A Bordeaux, le 9 mai 2016, un des chefs d'entreprise invité au cocktail organisé par Emmanuel Macron est convaincu que le ministre a utilisé les moyens de l'Etat pour récolter des dons. "Il n'a jamais été dit expressément qu’il recherchait des fonds mais quand vous réunissez 80 chefs d’entreprise et que vous dîtes que vous n'avez pas de réseau, pas de parti rien (…) j’ai fait un chèque parce que je soutenais ses idées (...) Il y avait une escorte de police pour l'amener, qui a payé l'escorte? C'est nous. Qui a payé la voiture? C'est nous!"  Des allégations qui n'ont pas été prouvées à l'heure actuelle. Dans l'agenda du ministre de l'Economie de l'époque, il n'est fait nulle part mention de cette expédition à Bordeaux. Le propriétaire de la péniche sur laquelle le cocktail était organisé explique qu'on lui a demandé de ne pas communiquer étant donné que ce n'était pas un déplacement officiel.

"Non", répond l'équipe de Macron

Contactée par France 2, l'équipe d'Emmanuel Macron a répondu être droite dans ses bottes. "Aucun moyen du ministère n'a été utilisé pour ces rencontres. Seuls les officiels de sécurité suivent le ministre dans l'ensemble de ses déplacements, y compris privés".

La commission nationale des comptes de campagne est en tout cas la seule apte à juger de la validé des comptes de campagne d'En Marche. Sa décision est attendue pour le 8 janvier.