France 2017 Jamais les questions de financement n’avaient pris tant de place dans une campagne.

La campagne est-elle "polluée" par l’argent, comme l’a déploré Benoît Hamon lors de la présentation de son programme ? De fait, jamais le sujet n’avait occupé une telle place à la veille d’une présidentielle.

Entre les enquêtes judiciaires sur le financement du Front national, la mise en examen de François Fillon pour "détournement de fonds publics" ou les soupçons sur le profil des donateurs d’Emmanuel Macron, l’argent est omniprésent. L’affaire Bygmalion, qui vaut à Nicolas Sarkozy d’être renvoyé en correctionnelle pour "financement illégal de campagne", a marqué durablement les esprits.

L’heure est aujourd’hui à la sobriété et à un début de transparence, exigences renforcées par la loi de 2013, votée après l’affaire Cahuzac. Cette année encore, pourtant, la course à l’Elysée est restée une longue course de fond(s) pour les onze candidats ayant recueilli plus de 500 parrainages, qui enchaînent meetings et déplacements jusqu’au premier, voire au second tour.

Et pour beaucoup, l’argent reste le nerf de la guerre. Plusieurs "petits" candidats, comme Jean Lassalle, viennent à peine de toucher une avance de l’Etat. Le prêt d’Emmanuel Macron serait tout juste bouclé, selon ses proches. Quant à Jean-Luc Mélenchon, dont le budget est largement inférieur à celui de ses principaux rivaux, il pourrait se retrouver en graves difficultés financières en cas de qualification pour le second tour, faute de trésorerie suffisante.