France 2017

Avec près de 30 % des intentions de vote, les sondages ont tous donné Marine Le Pen gagnante au premier tour dans le Grand Est, cette région grande comme deux fois la Belgique qui couvre l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Ce sont les terres de Florian Philippot, le numéro 2 du FN, mais aussi de Jacques Chérèque, le syndicaliste auteur de la célèbre répartie : "Il faut retirer les hauts fourneaux de la tête des sidérurgistes lorrains."

"Moi je n’ai pas honte de le dire : je voterai pour le FN", claironne cet ancien ouvrier qui vit sur les hauteurs de Nancy, à Laxou, assis sur un banc en face de son immeuble. "Dans ma tour, il n’y a plus qu’un quart de Français. J’ai voté pour le parti communiste pendant 20 ans. J’ai le marteau et l’enclume sur le corps. Mais là j’en ai assez. Il y a trois couples de dealers dans l’immeuble. Il a fallu un mois pour effacer les tags au 15e. Les bateaux et les avions sont prêts pour le début mai."

"Tiens, regardez celui-là !", dit-il en pointant du doigt un franco-maghrébin qui tente de garer en marche arrière son petit camion dans le parking de la cité. "Il va certainement mordre la bordure !" De fait, le chauffeur monte sur la bordure - il ne pouvait pas faire autrement - et s’esquive devant ce tribunal de retraités assis sur un banc.

Un énorme échec pour le PS

Au centre-ville, s’étire la célèbre place Stanislas, où trône la statue de Stanislas Leszcynski, roi de Pologne, dernier duc de Lorraine et bienfaiteur des pauvres. La ville est plutôt marquée à gauche. En 2012, au premier tour, François Hollande, avait réalisé 31,65 % des voix, contre 28,6 % au niveau national.

Dans son bureau proche de la place Stanislas, la députée PS Chaynesse Khirouni reconnaît que le parti socialiste porte une responsabilité dans la montée du FN : il a perdu le contact avec le monde ouvrier.

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