France 2017

Philip Cordery, député de la quatrième circonscription des Français de l’étranger ne tourne pas complètement le dos à ses amours socialistes. "Aujourd’hui, dans le climat de crise qui secoue la France et plus généralement l’Europe, il faut tout faire pour empêcher que la France s’enfonce dans la sinistrose. Emmanuel Macron apporte un nouveau dynamisme, une nouvelle vision pour la France. Je pense qu’il est le meilleur candidat pour le bien-être des Français."

Quand on lui fait remarquer que son nouveau favori n’apprécie guère qu’on lui accole l’étiquette socialiste, Cordery se reprend. "Je ne dis pas qu’il est de gauche mais il porte des valeurs et il défend des idées dans lesquelles le peuple de gauche peut se retrouver."

En abandonnant aujourd’hui le Parti socialiste représenté par Benoît Hamon le député qui vit depuis de longues années en Belgique n’a-t-il pas l’impression de participer, d’encourager le naufrage de son parti ?

La gauche aspire à gouverner

"Il faut être clair. La gauche aspire à gouverner et elle ne doit pas se contenter de se replier dans le confort d’une opposition stérile. Je ne dis pas que je suis d’accord avec tout ce que propose le candidat Macron mais c’est dans son projet que je me retrouve le plus."

Encore un socialiste qui quitte le navire malgré le fait que leur candidat soit sorti largement vainqueur d’une primaire qui devait justement offrir la légitimité du parti à son lauréat. "Mais les primaires, à gauche comme à droite, ont porté aux commandes des candidats qui sont aux extrêmes des lignes de leur parti respectif. Je pense qu’ils ne représentent pas la majorité des membres de leur parti. Mais cette poussée ver les extrêmes me pousse aussi à annoncer que je vais voter pour Emmanuel Macron dès le premier tour. Je ne veux pas que mon pays puisse se retrouver, au soir du 23 avril avec deux candidats de la droite conservatrice au second tour de la présidentielle."

La fin du PS

Largement distancé dans la course à la présidentielle, le PS flirte désormais avec les 10 % des intentions de vote, loin derrière Jean-Luc Mélenchon. Le parti socialiste traverse une crise profonde et toutes les défections qui s’additionnent plongent encore la formation de François Mitterrand dans les abysses. "L’héritage de Mitterrand est bien loin", soupire Philip Cordery qui promeut la sociale démocratie comme substitut au socialisme. "Une évolution naturelle qui colle aux attentes des Français. Aujourd’hui, les gens attendent du concret et ne retrouvent plus dans les discours de posture." En cas de victoire de Macron, le candidat veut croire que la vague présidentielle portera les candidats d’En marche aux législatives. "Je me verrais bien travailler dans cette équipe mais je ne sais pas de quoi mon avenir sera fait."