France 2017

Les 11 candidats à l'élection présidentielle française se sont retrouvés jeudi soir sur le plateau de France 2 pour l'émission politique "15 minutes pour convaincre". Comme prévu, ils ont disposé, chacun, d'un quart d'heure pour répondre aux questions des journalistes et développer un point de leur programme.

Mais si les discours semblaient initialement ronronner, l'attaque terroriste sur les Champs-Elysées a brutalement changé la donne lors de l'intervention de Benoît Hamon. Face à la confusion des informations qui circulaient en coulisses et sur les sites internet, les téléspectateurs ont pu ressentir le malaise des présentateurs et candidats. Le journaliste David Pujadas a - à plusieurs reprises - été contraint d'interrompre les discussions pour informer les téléspectateurs sur les évènements en cours. Les derniers candidats invités sur le plateau, et en particulier François Fillon, ont ensuite utilisé leurs temps de parole pour réagir et évoquer leurs propositions pour faire face à la menace terroriste. Lors des conclusions, le meurtre du policier était largement évoqué par les intervenants.


Voici ce qu'il faut retenir des 11 interventions:


Jean-Luc Mélenchon "veut abolir la monarchie présidentielle"

A l'issue du tirage au sort, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a ouvert le bal. Ce dernier a apporté, comme tous les candidats un objet de son choix: un réveil.


Durant son intervention, il est revenu sur différents thèmes de son programme. Il a notamment parlé d'un revenu maximum qu'il souhaite imposer. Le candidat de la France Insoumise a proposé de "taxer à 90% au-delà de 400 000 euros de revenu par an."

M.Mélenchon a affirmé qu'il était "temps d'abolir la monarchie présidentielle et de mettre fin au règne de la caste."


Autre mesure qu'il a souhaité évoquer. La mise en place d'une assemblée constituante pour la VIe République dont une part sera "tirée au sort" . Il souhaiterait notamment mettre en place le référendum révocatoire qui permettrait de révoquer un élu.


Nathalie Arthaud est "convaincue que les travailleurs se lèveront"

La candidate de Lutte ouvrière a apporté une photo mythique. Celle de Tommie Smith et de John Carlos sur le podium aux JO de Mexico en 1968. Une photo illustrant la lutte des noirs.

Nathalie Arthaud a affirmé vouloir "changer de fond en comble la société" en étant "convaincue que les travailleurs se lèveront." Elle a également défendu la nationalisation des banques.

Enfin, la candidate LO a évoqué dans sa carte blanche, la possibilité pour les salariés de dire tout ce qu'ils voient dans les entreprises. Elle aimerait notamment " transformer tous les salariés en lanceur d'alerte."

Selon elle, "ce serait une arme fantastique pour qu'ils puissent se défendre en cas de plan social."


Marine Le Pen: veut "rendre aux Français les clefs de la maison France"

Marine Le Pen (Front national) a apporté une clef en guise d'objet fétiche. C'est apparemment un chef d'entreprise de Moselle qui lui aurait offert la clef de son entreprise. Symbolique selon la candidate du FN. "Je veux rendre aux Français les clefs de la maison France."

Fidèle a son programme, Marine Le Pen a commencé à parler souveraineté en parlant fermeture des frontières, patriotisme économique, protectionnisme, un retour au franc... "Arrêtez avec la peur, il y a énormément de bénéfices à avoir une monnaie nationale", a-t-elle affirmé.


Pas de surprise, non plus, concernant sa carte blanche avec deux thèmes: la sécurité et le terrorisme. "Rien n'a a été fait, sur l'insécurité classique, nous subissons le laxisme depuis des années... Quant au terrorisme, sujet majeur, là encore, rien n'a été fait. Nous devons maîtriser nos frontières nationales. Nous devons créer de postes de gendarmes et de police. Il faut s'attaquer au développement du fondamentalisme religieux dans nos banlieues."

Marine Le Pen a également réaffirmé qu'elle souhaiterait expulser tous les fichés S étrangers et qu'elle supprimerait le droit du sol.

Enfin, elle s'est dite "déçue" par la décision de Donald Trump de frapper la Syrie.


François Asselineau se la joue "à la Gainsbourg"

François Asselineau (Union populaire républicaine) est arrivé sur le plateau de France 2 avec un rameau d'olivier parce que c'est "un symbole de paix" , "millénaire" , qui "symbolise la République" et qui était "apposé sur la pièce de un franc."

Il a d'ailleurs martelé pendant plusieurs minutes qu'il souhaitait sortir de l'Union européenne. "Les services publics sont menacés année après année par les traités européens. Je veux rendre aux Français la grandeur de leurs services publics. Les Français ne sont pas des Anglo-Saxons."

Il a été jusqu'à déchirer les "Grandes orientations de politique économique"(GOPE) de la Commission européenne en direct sur le plateau, pour affirmer son envie de Frexit. "Je prends l'engagement solennel que le Frexit ne changera rien à la dette des Français."


Benoît Hamon: "Je n’ai pas envie qu’on joue l’Europe à la roulette russe"

Le vainqueur de la primaire socialiste, Benoît Hamon, a amené une carte vitale "car elle est menacée." Il a pris du temps pour évoquer son revenu universel d'existence "qui permettra à 19 millions de personnes sous 2 200 euros net par mois de bénéficier d’une hausse de salaire, de bénéficier d'une augmentation de pouvoir d’achat. Une femme aide-soignante à mi-temps qui perçoit 600 euros par mois, avec le revenu universel, elle touchera 400 euros en plus."


Pour sa carte blanche, M.Hamon a choisi l'Union européenne. "Je n’ai pas envie qu’on joue l’Europe à la roulette russe" , envoyant un petit tacle à Jean-Luc Mélenchon.

Enfin, le frondeur veut la fin des ventes d'armes françaises. “Ces programmes d’armes ne justifient pas que l’on perde notre place d’arbitre dans le monde.”


Nicolas Dupont-Aignan: Macron, "le candidat chouchou"

Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France, a tenu à apporter une statuette offerte par un enfant en situation de handicap. Il a également affirmé qu'il était contre la sortie de l'euro. Il souhaite au contraire un "euro-franc" pour obtenir "les bienfaits de l'euro sans ses inconvénients."

Le candidat a critiqué le traitement des médias de la campagne d'Emmanuel Macron qui serait "le candidat chouchou des médias."


Philippe Poutou pour un CDI unique

Philippe Poutou a apporté un drapeau de la Guyane en solidarité avec le mouvement de lutte qui s'y passe depuis plusieurs semaines.


Durant ses quinze minutes d'intervention, il a parlé d'un CDI unique mais aussi d'écologie. C'était d'ailleurs le thème de sa carte blanche. Il mise sur une sortie du nucléaire et en mettant fin à l'exploitation des énergies fossiles.

M.Poutou a conclu son allocution par une "punchline" pour Marine Le Pen et François Fillon. "Il y a eu un débat le 4 avril et on n’a pas été fichus d’en faire un deuxième, ça manque de ne pas pouvoir dire à un Fillon, à une Le Pen que ce sont des menteurs et des voleurs."


Emmanuel Macron ne touchera pas à l'ISF

Le candidat d'En Marche! a commencé par évoquer l'attaque de policiers sur les Champs-Elysées (Les détails). Il avait prévu à la base un livre de grammaire comme objet fétiche mais il a finalement décidé de le laisser en coulisses pour rendre hommage aux policiers attaqués et à leurs proches.

Il a tout de même longtemps parlé d'éducation. Parmi les mesures qu'il a défendues, figure la réduction du nombre d'enfants par classe en CP et en CE1 (Ndlr: première et seconde année de primaire) à 12 élèves dans les zones prioritaires. Cette mesure serait appliquée "dès la rentrée prochaine".

M.Macron ne touchera pas non plus à l'Impôt sur la fortune (ISF).


Enfin, l'ancien ministre a estimé avoir fait une erreur durant sa campagne. "Quand j’ai blessé des gens sur le sujet de la guerre d’Algérie." Pour rappel, Emmanuel Macron avait qualifié la colonisation de "crime contre l'humanité".


Jacques Cheminade pour une hausse de la TVA

Le fondateur du mouvement Solidarité et Progrès est arrivé sur le plateau avec un "biface de la préhistoire" "Toute notre société a été basée sur ça au départ", a-t-il expliqué.

Ce dernier a exprimé le souhait d'augmenter la TVA sauf pour les biens de première nécessité.

Jacques Cheminade a choisi de parler de culture lors de la carte blanche. Il veut augmenter le budget de ce ministère de 40 milliards d'euros. "C'est une priorité car lorsque les enfants pensent, la société s'améliore." Il pense d'ailleurs créer des musées partout en France.

Enfin, David Pujadas et Léa Salamé l'ont interrogé pour parler des attentats du 11 septembre 2011. Jacques Cheminade met, ainsi, en doute la version officielle des autorités américaines comme il l'avait déjà fait il y a six ans.


Jean Lassalle: "Il était de mon devoir d'aller voir Bachar el-Assad"

Jean Lassalle a lui aussi rendu hommage aux policiers attaqués sur les Champs-Elysées. Il a présenté plusieurs mesures et notamment sa volonté de "retirer les troupes du Proche-Orient et relancer la diplomatie française."

Il en a profité aussi pour évoquer sa rencontre en Syrie avec Bachar el-Assad.


François Fillon: "Ma conviction c’est que je vais gagner l’élection présidentielle"

Après avoir lui aussi évoqué la fusillade des Champs-Elysées, François Fillon a expliqué qu'il annulerait ses déplacements de vendredi. Vu l'actualité, le candidat de la droite et du centre a poursuivi son intervention en refusant de s'inscrire dans la structure prévue par les animateurs. Il a très largement évoqué la lutte contre le terrorisme en France et au niveau international.


"Dans ces conditions, j’annule les déplacements prévus dans ma campagne demain", a-t-il affirmé avant d'évoquer comme les dix autres candidats sa carte blanche: le terrorisme. "Ceux qui partent faire le djihad en Syrie, ils ne reviendront pas. J’utiliserai un article oublié, qui permet la déchéance de nationalité, que le Front populaire avait mis en place."

Le candidat des Républicains a également évoqué la sécurité sociale. "Je propose qu’on crée une grande agence qui va surveiller les mutuelles et leurs frais de gestion."

François Fillon a terminé en affirmant qu'il pensait pouvoir gagner la présidentielle. "Ma conviction c’est que je vais gagner l’élection présidentielle."