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Drogue - Liège

Feu vert pour distribuer l'héroïne ?

Marie Liégeois

Mis en ligne le 12/02/2007

Ce lundi doivent se réunir la Ville de Liège et les ministres de la Santé et de la Justice. Sur la table : le projet pilote de délivrance d'héroïne sous contrôle médical. A Liège, répression et prévention ne suffisent pas à enrayer la toxicomanie.

Ce lundi est prévue à l'agenda une rencontre des ministres de la Santé Rudy Demotte (PS) et de la Justice Laurette Onkelinx (PS) avec le bourgmestre de la Ville de Liège Willy Demeyer (PS). A l'ordre du jour de cette réunion pour le moins attendue, et déjà reportée plusieurs fois : le projet pilote, pour Liège, d'un programme de délivrance d'héroïne sous contrôle médical.

Rétroactes

Ce projet, soutenu depuis des années par les autorités liégeoises, a pu être amalgamé avec une autre piste, celle des salles d'injection. Alors avancée comme l'une des voies parmi d'autres dans un plan de lutte globale contre la toxicomanie (alliant prévention, réduction des risques, thérapie et répression), cette idée de salles d'injection, comme il en existe en Suisse, s'avère irréalisable à l'heure actuelle en Belgique.

Une telle mise en oeuvre, axée sur la réduction des risques plutôt que sur les soins, nécessiterait, en effet, une modification de la loi, le Code pénal belge sanctionnant " tout qui facilite à autrui l'usage de substances en procurant un local ". Or, les partis flamands se dressent contre cette hypothèse.

Le projet de délivrance contrôlée d'héroïne, par contre, dont il est question actuellement, ne nécessite pas de modification législative. Il réunit, en outre, plusieurs conditions pour pouvoir aboutir. Un protocole clinique a été réalisé sur ce sujet en 1998 par l'Université de Liège, puis réactualisé, qui a reçu l'accord formel des autorités médicales liégeoises. Par ailleurs, le Conseil communal liégeois, à l'unanimité, a donné son accord et l'a reconfirmé en 2002. Voici un an, en février 2006, les ministres Onkelinx et Demotte marquaient leur soutien au projet. Une mission s'est organisée à Bienne, en Suisse, afin d'approcher de plus près l'expérience locale menée là-bas : salle de consommation et délivrance contrôlée d'héroïne.

A ce consensus politique et médical s'ajoute l'accord judiciaire, avec l'assentiment du procureur général de Liège Cédric Visart de Bocarmé.

Reste le financement et le travail d'information vis-à-vis de la population.

Une part des toxicomanes

Liège a constaté que prévention et répression ne suffisaient pas pour enrayer le fléau de la toxicomanie. La Ville met donc beaucoup d'espoir dans ce dossier hautement sensible. S'il aboutit, le projet de prescription médicale d'héroïne viserait une part de la population toxicomane qui échappe toujours au circuit d'aide et de soins, qui se trouve par là totalement désinsérée de la société et qui suscite un sentiment d'insécurité en ville.

Mais cette population toxicomane est loin d'être homogène et tous ne peuvent être soignés par méthadone. Le projet parle donc de traiter une centaine de cas sous méthadone et une autre centaine sous diacétylmorphine (héroïne).

La réunion prévue ce lundi devrait permettre d'en savoir davantage.

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