Abonnez-vous a La Libre Belgique

Espace - ferrières

Un Liégeois a déjà la tête sur Mars

thierry de gyns

Mis en ligne le 28/01/2008

Pierre-Emmanuel Paulis, enseignant à l'Euro Space de Redu est fasciné par Mars. Le Liégeois a préparé le voyage sur Mars lors d'une expérience en vase clos dans le désert de l'Utah (USA). La planète rouge a bien des points communs avec la terre.

rencontre

Si son rêve le mène déjà sur Mars, planète soeur de la terre, Pierre-Emmanuel Paulis de Ferrières, a la tête bien campée sur les épaules. Dessinateur, enseignant, il a le tour pour faire partager aux jeunes sa passion et donner à la science toute la place qu'elle mérite. Détaché à l'Euro Space Center, il organise des classes - non de neige - mais de l'Espace. Enchantement garanti et attrait scientifique renouvelé pour les jeunes.

D'où vient votre passion?

Tout gamin j'étais fasciné par Tintin "Objectif Lune", "On a marché sur la Lune", c'était du gâteau. En 1981, lors du premier vol de la navette spatiale j'ai écrit aux astronautes et, entre autres, John Young qui avait marché sur la Lune en 1972 m'a envoyé une photo dédicassée.

Un apprentissage sur le tas ?

Un peu, mais il s'est nourri. Louis Grégoire de Stavelot a partagé ma passion. Puis, j'avais un oncle de Léglise, dans la province de Luxembourg, qui avait été pilote de chasse et s'était tué en avion avant ma naissance. Mais mes grands-parents avaient conservé plein de revues de la Force aérienne. Je me gavais de lecture quand j'allais chez eux.

D'autres rencontres ont-elles fait progresser votre passion ?

Oui, alors que j'avais 18 ans, j'ai rencontré au palais des Congrès de Liège Bruce Aldrin, compagnon de navette d'Armstrong quand il a marché sur la Lune. Il faisait en bord de Meuse une conférence dans un symposium de poésie et j'ai pu lui parler quelques minutes et correspondre avec Armstrong. Après mes études et mon service militaire, je n'avais qu'une idée en tête mettre le cap sur les Etats-Unis. J'avais mis de l'argent de côté et suis parti à la base Edwards en Californie là où se pose la navette spatiale. Ma soeur était exilée aux Etats-unis comme traductrice à Huntsville, centre technique de la Nasa.

Nouveau coup de pouce ?

En 1991, notre compatriote Dirk Frimout avait été choisi comme astronaute. Connaissant ma passion pour le sujet, ma soeur s'est arrangée pour rencontrer M. Frimout. Trois mois avant le lancement, il m'invite à celui-ci. J'étais à l'époque éducateur au collège Saint Roch à Ferrières - où j'avais étudié - et j'ai montré la lettre de Dirk Frimout à mon directeur qui m'a conseillé de mettre le cap sur... le Cap Kennedy. Là j'ai vu de mes yeux et de près bien des astronautes, la navette, la sortie en scaphandre des hommes se dirigeant vers la fusée de lancement.

Qu'est ce qui vous a poussé à aller à l'Euro Space ?

Après avoir fait le dessin à Saint-Luc à Liège et passé une agréation à Saint-Laurent à Liège, je suis devenu éducateur et professeur de dessin. Le Space Center cherchait trois détachés pédagogiques et Dirk Frimout a pensé à moi.

Ce centre connaît-il le succès mérité ?

Si en passant sur l'autoroute on voit généralement un parking peu rempli, les jeunes arrivent au Centre par cars entiers. On y trouve en permanence 140 étudiants. Nous comptabilisons 7000 nuits par an avec un accroissement de 25 pc l'an. Nous avons des Belges, mais aussi des Français, des Luxembourgeois, une école irlandaise revient depuis trois ans. Au menu : un entraînement d'astronautes, des simulations de vols... Il y a un Space Camp, un Rocket Camp, un Astro Camp...

Le centre va-t-il se développer ?

On va créer un Mars Camp. La base est à l'Arsenal d'Angleur. On va niveler le terrain comme sur Mars. Les jeunes vivront en scaphandre dont j'ai un exemplaire du casque fabriqué en Australie.

L'attrait de la science et de l'espace est-il assez poussé?

On ouvre l'esprit, on montre combien la science est passionnante. Certains croient à tort que le centre est réservé aux écoles primaires. Or on va au fond des choses avec des étudiants de dernière année de St-Laurent à Liège. Mais le centre et ses richesses ne sont pas assez connus. On y donne des notions de physique - action et réaction dans l'étude d'une fusée - de biologie, astronomie, histoire de la conquête spatiale, dessins...

Après la conquête de la Lune, l'intérêt pour l'Espace est-il retombé ?

L'esprit d'aventure n'est plus présent comme dans le vol d'Apollo sur la Lune mais l'esprit scientifique élargit son champ d'action. D'ici une dizaine d'années, les Américains vont explorer le pôle sud lunaire. Puis, Mars va rallumer la flamme de la passion pour l'Espace.

Qu'est ce que Mars a de plus que las autres planètes ?

C'est la plus intéressante du système solaire à des centaines de millions de kilomètres de nous. Il n'est pas possible d'aller sur Jupiter, Vénus ou Pluton. Mars est comme la terre au début de sa formation et peut nous en apprendre à ce sujet. S'il y a de la vie sur Mars - il y neige mais ne pleut pas et le vent peut atteindre 300 km/h - ce sont des bactéries. La présence d'eau dit qui il y a de la vie mais pas en surface. Peut-être en creusant des dizaines de centimètres sous Mars. On a découvert grâce à une sonde américaine sur le Mont Olympe, gigantesque volcan, trois cavernes au fond desquelles on trouvera peut-être de l'eau.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page