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Enseignement - liège
Liège n'a pas ses langues en poche
Thierry De Gyns
Mis en ligne le 05/05/2008
Le cliché jauni du Liégeois bilingue - français-wallon et wallon-français - n'a plus droit de cité. L'immersion a renversé bien des mauvaises réputations, comme ces professeurs, parents et élèves conscients de l'importance de la connaissance d'une - au moins - langue étrangère.
Nouveauté à la rentrée...
Un pas supplémentaire sera franchi dès le 15 septembre. En effet, pour la première fois (même si le projet a déjà été caressé dans tous les sens du poil depuis des années, des décennies même), l'enseignement supérieur liégeois sera doté d'une formation en interprétariat-traducteur. Cette filière était, jusqu'à présent, l'apanage de Mons et Bruxelles. Cette lacune dans l'offre étudiante en Cité ardente obligeait les Liégeois à des trajets de 100 km aller et retour.
Après le feu vert donné dès janvier par Marie-Dominique Simonet, ministre CDH de l'Enseignement supérieur, la décision a été prise d'ouvrir en codiplomation Haute Ecole de la Ville de Liège - à Hazinelle, place Saint-Paul - et ULg - place du XX Août - cette section tant attendue.
Pratiquement, les cours se donneront en 1e et 2e année de bachelier à la Haute École de la Ville pour 45 crédits-temps (suivant la définition dite de Bologne) et 15 à l'ULg. En 3e année, ce sera 30 et 30 tout en tenant compte des stages sur le terrain ou en Erasmus. Enfin, le master se répartira comme suit : 45 crédits à l'Université et 15 à la Haute Ecole.
Combien d'étudiants ?
Eviter les navettes vers la capitale fédérale ou celle du Hainaut constitue un cadeau précieux pour les étudiants. Mais combien seront-ils ? "Difficile à dire ", souligne Christine Pagnoulle, chargée de cours au département de langue et littérature modernes de l'ULg. "Nous sommes aujourd'hui, à quelques rentrées près, à 170 étudiants en 1e année de langue et littérature modernes à l'université. Des Liégeois qui étudient à Mons et Bruxelles en bachelier vont être tentés et il existe également des passerelles dont certains pourraient profiter". Et de souligner qu'on pouvait penser dans un premier temps que les années (2e et 3e) s'ouvriraient au fur et à mesure de l'avancée du parcours estudiantin.
Pierre Stassart, échevin PS de l'instruction publique de la Ville de Liège dont dépend la Haute école, va même plus loin. "Si on obtient les autorisations qu'on espère, on pourrait ouvrir un master à la mi-septembre avec l'appoint de Liégeois aujourd'hui expatriés à Mons et Bruxelles pour leurs études."
Les langues retenues dans un premier temps sont le néerlandais, l'allemand, l'anglais et l'espagnol. "On a aussi envisagé", dit Christine Pagnoulle, "d'être plus exotiques. On aurait pu ouvrir en partenariat avec l'institut Confucius de l'ULg une section de chinois, mais on ne veut pas improviser. De tels cours demandent un prérequis, un apprentissage plus complet. Certes, l'ULg possède des labos de langues, mais il faut aussi un équipement particulier, de l'intendance et du personnel formé...". Pierre Stassart précise que l'ouverture de cette section peut fort bien s'envisager pour l'année 2009-2010. "Le but", souligne l'échevin, "est le multilinguisme. On veut s'ouvrir au plus grand nombre de langues possibles mais aussi renforcer l'enseignement du français, la langue véhiculaire du traducteur-interprète".
Si la connaissance d'une langue est un enrichissement personnel, elle ouvre des portes vers l'emploi. Le Pays de Liège manque cruellement pour l'instant d'interprètes-traducteurs français-allemand. "Mais", précise, Mme Pagnoulle, "il y a aussi bien des postes à pourvoir dans l'enseignement".
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