La Libre.be > Actu > Gazette de Liége > Article
Économie - Salon des antiquaires
Liège ne profite pas (du tout) du TEFAF
Frédéric Chardon
Mis en ligne le 17/03/2009
Depuis 1975, Maastricht organise chaque année le plus grand salon d’antiquaires du monde. Nom de code : le TEFAF (The European Fine Art Fair). L’édition 2009 de cette foire particulièrement prestigieuse a débuté le 13 mars et, lorsqu’elle s’achèvera le 22 mars, elle aura attiré dans la jolie ville mosane des dizaines de milliers de visiteurs (73000 en 2008, dont la moitié venait de l’étranger).
Question : Liège bénéficie-t-elle des retombées économiques de cet évènement destiné à un public (vraiment) très aisé ? Les acheteurs, grands collectionneurs, conseillers artistiques, architectes d’intérieur et autres marchands d’art, passent-ils par Liège ?
Réponse : bof Après enquête, le moins que l’on puisse dire c’est que les acteurs économiques liégeois ne constatent pas d’effet "TEFAF" sur leur chiffre d’affaires. Tout de même, il y aurait une petite embellie du côté des antiquaires (évidemment) de la Cité ardente. Mais ils sont vraiment les seuls
Exemple : Jean-François Taziaux est antiquaire. Son établissement a acquis une renommée mondiale dans le "Charles X" (1820-1830). Il s’agit du Couvent des Ursulines, situé rue Hors Château. "Oui, on remarque plus de passage au moment de la TEFAF de Maastricht, affirme-t-il. On essaie d’être plus présent pendant cette période. C’est important pour nous car l’évènement draine des gens du monde entier. Je ne dis pas que l’on fait plus de ventes pendant cette période mais il y a plus de visites dans notre galerie".
Pour Emile Gavage, antiquaire également (rue Delfosse), le TEFAF attire, c’est vrai, mais seulement des amateurs qui connaissaient déjà la galerie et qui profitent de leur périple à Maastricht pour venir jeter un œil. "La clientèle est un peu plus importante mais cela reste assez limité", nous confie-t-il.
Les antiquaires, c’est une chose. Mais qu’en est-il de l’Horeca liégeois ? Quelles sont les retombées ? Selon Peter Hesp, un Néerlandais devenu le directeur commercial de l’Holyday Inn et du Mercure, "il n’y a pas d’impact sur le nombre de nuitées. Les organisateurs du TEFAF orientent en priorité les visiteurs vers les hôtels de Maastricht et, après, directement vers Valkenburg et Lanaken en Flandre. Mais pas vers Liège Pourtant, nous appelons nous-mêmes les visiteurs du TEFAF dont la visite est annoncée mais c’est très difficile. Ils ont souvent leurs propres habitudes hôtelières. Et puis, même si le TEFAF dure une semaine, ce sont surtout les deux premiers jours qui comptent en termes d’affluence. Par ailleurs, beaucoup d’hôtels de qualité ont été construits à Maastricht ces dernières années ".
Liège-Airport : rien de rien
Le TEFAF attire bien entendu les esthètes de classe sociale particulièrement élevée. En 2008, l’aéroport de Maastricht a accueilli 225 jets privés d’acheteurs venant du Japon, d’Australie, du Brésil, d’Argentine, du Canada, des États-Unis, d’Israël ou encore de Russie. Et Bierset alors ? "On ne constate aucune variation de trafic durant le TEFAF" nous déclare-t-on du côté des autorités de Liège-Airport.
Symptomatique : lorsqu’on lit un des communiqués de presse annonçant en français l’organisation du TEFAF 2009 et détaillant les moyens de s’y rendre, les aéroports d’Eindhoven, de Schipol, de Düsseldorf, de Cologne et de Zaventem sont cités comme autant de possibilités. Mais de Liège-Airport, point.
Dernier sondage : à l’office du tourisme de Liège, où une jeune femme nous répond qu’aucun impact touristique n’est ressenti au niveau liégeois durant le TEFAF. "C’est surtout le beau temps qui joue d’habitude ".
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...