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Economie | Exportation

"L’économie verviétoise ne va pas trop mal !"

Frédéric Chardon

Mis en ligne le 11/07/2009

Dominique Godin est le dirigeant de Traitex mais aussi président de l'Awex. Pour lui, Verviers pourrait mieux exploiter sa situation géographique.

Entretien

Dominique Godin, patron de Traitex, l’une des deux dernières sociétés verviétoises du secteur textile, est depuis plus de 6 mois président de l’Awex, l’Agence wallonne à l’exportation. Nous l’avons interrogé.

Diriger une entreprise lainière, Traitex, et devenir président de l'Awex, est-ce un paradoxe ?

Faut-il vraiment diriger un fleuron de l’économie pour présider l’Awex ? Traitex se situe dans un marché de niche. On exporte à 98% et on est leader dans nos deux secteurs : le lavage et le carbonisage, c’est-à-dire le lavage par combustion chimique, de la laine et des fibres animales fines. En la matière, Traitex est devenue une référence qualitative mondiale.

Comment êtes-vous devenu président de l'Awex ?

L’Awex est un pararégional dont la présidence est alternativement occupée par le banc syndical et par le monde patronal. J’étais administrateur à l’Awex en tant que représentant de l’UWE. Fin 2008, il a fallu remplacer un syndicaliste par un patron. Or, je suis au sein de l’UWE le représentant des secteurs du textile et du bois wallons qui sont très fortement tournés vers l’exportation. Ceci a sans doute joué un rôle dans ma nomination.

Quel regard portez-vous sur cette fonction ?

Être président de l’Awex, c’est différent des fonctions opérationnelles qu’assument avec efficacité Philippe Suinen, l’administrateur général, et son équipe. Le président doit plutôt donner les grandes impulsions. Mon rôle, c’est notamment de rappeler régulièrement que les entreprises sont les premiers clients de l’Awex. J’ai par ailleurs constaté un problème qui relève de la communication : aujourd’hui encore, certains outils de l’Awex ne sont pas assez connus des TPE et PME. Enfin, depuis sa fusion avec l’Ofi, l’Awex est également chargée d’attirer des investisseurs en Wallonie. A ce sujet, j’ai comme tout entrepreneur qui exporte un bon carnet d’adresses à l’étranger, mais il faut tout de même rester modeste, vu la taille de Traitex...

La province de Liège est-elle suffisamment attractive pour ces investisseurs ?

Les investissements étrangers sont très importants pour notre économie. Par exemple, dans les zonings, plus de 50 % des entreprises ont des investisseurs étrangers dans la structure de leur capital. De plus en plus d’entreprises délocalisent leur centre de décision, il faut donc mettre nos atouts en valeur. Or, Liège et Verviers sont en manque de zones à affecter aux entreprises. C’est un problème : la Spi+ avance dans la bonne direction mais il faut aller plus vite. Du reste, le plan Marshall a bien intégré cette problématique.

Quid de la santé de la région verviétoise ? Quel est son avenir ?

On voudrait bien avoir une boule de cristal... mais Verviers ne va pas trop mal. Quelques mesures prises récemment nous ont libérés de certaines contraintes en matière de frais fixes : la possibilité de recourir au chômage économique pour les employés par exemple. Et notre tissu économique n’est pas le plus désarmé... Le secteur agroalimentaire, par exemple, est assez porteur dans notre région. Toutefois, il est clair que l’on peut faire mieux. Verviers a eu la "chance" de connaître ses problèmes économiques avant les autres régions. L’hémorragie dans le textile a eu lieu bien avant celle de la sidérurgie liégeoise. De plus, Verviers est toute proche de l’Allemagne et de la Hollande. Peut-être n’exploite-t-on pas assez cet avantage.

Traitex va-t-elle se développer ? Quelle est votre vision en tant que patron ?

Traitex emploie actuellement 70 personnes. Nous avons un seul lieu de production : Verviers. Cependant, nous disposons également d’une entreprise "soeur" en Iran. Nous y sommes simplement associés car il fallait respecter la réalité locale, non occidentale. Nous avons d’autres projets ailleurs dans le monde, et aussi en Belgique, mais je préfère ne pas en parler maintenant. Disons que la tendance est d’aller vers l’est. Même si, en allant toujours vers l’est, on finit par faire le tour du monde... Lorsque j’ai pris la direction de Traitex en 1994, c’était tout de même un véritable challenge. Toutefois, il n’y a pas que l’évolution macroéconomique d’un secteur qui compte... La manière de gérer et les grands choix stratégiques que l’on opère sont fondamentaux. Les hommes font les choses, sans doute plus encore que la conjoncture.

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