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Environnement | Pollution atmosphérique

L’air de Liège est saturé de particules fines

Mis en ligne le 10/12/2009

Des entreprises liégeoises émettent trop de particules fines dans l’atmosphère. Le mystère plane quant à leur identité.

Au mois d’avril dernier, la région liégeoise a connu un dépassement du taux de particules fines (ou PM 10) autorisé. Les PM 10 sont ces poussières respirables émises notamment par les industries (sidérurgie, production de ciment et de chaux, ). Suite à ce pic de pollution, Benoît Lutgen (CDH), alors ministre wallon de l’Environnement, avait réagi en révisant le permis d’exploiter de quinze entreprises liégeoises afin qu’elles réduisent leur taux d’émission de particules fines. Leur nom ainsi que la nature des mesures n’avaient pas été divulgués.

Huit mois plus tard, les compétences environnementales ont été transférées à Philippe Henry (Ecolo). Contacté, le cabinet Henry refuse de transmettre la liste des entreprises concernées. Son attaché de presse, Eric Van Duyse, s’en explique : "Nous ne pouvons pas donner cette information car il s’agit d’entreprises privées et leur nom ne peut être divulgué sur la place publique en l’état des choses. On arriverait alors à des blocages tout à fait contre-productifs. Nous traitons ce dossier; cela avance bien mais il n’est pas encore abouti."

A défaut de divulguer des noms, le cabinet consent à donner quelques précisions concernant les mesures contraignantes qui peuvent être prises à l’encontre de ces usines. "Des entreprises à problème ont été identifiées et, avec certaines d’entre elles, des contacts ont été pris, explique Eric Van Duyse. Les nouvelles normes européennes en matière d’émission de PM 10 sont établies et elles imposent aux usines l’utilisation des meilleures techniques possibles pour réduire la pollution qu’elles émettent. Les entreprises doivent, à leur charge, apporter les modifications ad hoc dans un délai réaliste. Ici, au ministère, nous n’intervenons pas sur le fond. Nous demandons un rapport à l’entreprise et nous vérifions le résultat." Et de conclure : "Les particules fines représentent un problème évident de santé publique. La tâche est immense car, auparavant, la Belgique n’a pas pris ce problème à bras-le-corps."

Si l’on peut comprendre que la prudence reste de mise dans ce dossier, on peut également s’interroger sur le manque de communication du ministère de l’Environnement face à un grave problème de santé publique (voir ci-contre). D’autant que des listes officieuses des entreprises visées circulent sur Internet, laissant place à des rumeurs et à une inquiétude au sein des populations riveraines.

Isabelle Lemaire (st.)

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