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A voir, à entendre
Cygne blanc sur eaux noires
Julie Gillet
Mis en ligne le 12/01/2010
En 2003, à l’occasion d’un concert pour leur école, quelques amis décident de créer un groupe. Très vite, Jean-Paul, Philippe, Julien, Gregory et Damien se forgent une réputation de joyeux lurons et enchaînent les représentations. En 2007, ils sortent leur premier album "The Circle is Now Complete", qui connaît un joli succès d’estime.
Le 15 janvier, ils sortiront leur second opus "White Swan on Black Water". Un album prometteur, aux refrains entêtants, à découvrir. Alors que le violon s’envole vers les plaines irlandaises, le public se surprend à taper du pied en rythme. Dès les premières notes, des relents de Guiness viennent titiller l’imagination de chacun, et l’insolite mayonnaise musicale de Yew prend. Tantôt carrément rock, avec des morceaux comme "Third stone from the sun" en hommage à Jimi Hendrix, ou "May i have", tantôt profondément folk avec l’endiablée "Highway to blindness", "White Swan on Black Water" se réinvente à chaque note. Les riffs de guitares succèdent au piano, entrecoupés ci et là par une harpe ou un accord manouche.
Souvent tirées d’anecdotes personnelles, les chansons racontent la fête, l’amour de la musique et la solide amitié qui nouent les cinq membres du groupe liégeois. Et si le tout manque parfois de maturité, n’oublions pas qu’aucun des musiciens ne dépasse les vingt-cinq ans.
Avec cet album, Yew affirme ses contradictions : "Deep Purple et Led Zeppelin nous influencent autant que la musique traditionnelle celtique, explique Damien, violoniste. Nous avons ce côté double, un côté folk, très pur et enjoué, et un côté rock, beaucoup plus sombre et tortueux. Nous puisons notre inspiration dans cette ambiguïté."
Le titre de l’album tire ainsi ses origines du mythe shakespearien d’Ophélie, noyée par des vagues de sentiments trop contrastés. "Nous voulions illustrer et transmettre au public cette dualité, poursuit Damien. L’album se divise en deux parties, la première toute en énergie, très rock, et l’autre beaucoup plus traditionnelle, inspirée des cultures irlandaises, écossaises et bretonnes."
Avec "White Swan on Black Water", le groupe s’est lancé dans l’autoproduction de manière plutôt originale : le violon a été enregistré dans une cave, les chœurs dans un cimetière et le reste des instruments dans un chalet. Le mastering final a quant à lui été réalisé à New York. Petite nouveauté, le chant a fait son apparition dans plusieurs morceaux. "Nous essayons de proposer de nouvelles choses à notre public, conclut Damien. Le chant permet d’explorer de nouvelles pistes, de créer de nouveaux liens. Pour nous, c’était un défi."
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