Abonnez-vous a La Libre Belgique

Politique | Partis

"Reynders reste le patron"

Frédéric Chardon

Mis en ligne le 04/02/2010

Le politologue Michel Hermans a analysé les évolutions des partis à Liège. Selon lui, les quatre “grands” vont connaître encore des turbulences…
Entretien

Michel Hermans est professeur de Science politique à l’Université de Liège. Pour la "Gazette", il s’est penché sur les nouveaux rapports de force au sein des partis politiques de la province de Liège.

Commençons par le plus grand parti : le PS. Qui en est le chef ?

Il y a toujours eu au sein du PS liégeois des bagarres et des clans, malgré une certaine pacification à l’époque de Guy Mathot. Aujourd’hui, les rôles sont bien répartis : Demeyer pour les questions de la région liégeoise, Marcourt pour la Région et Daerden pour le fédéral. Mais Michel Daerden est aujourd’hui en difficulté. Son problème est d’autant plus important que son fils est également visé par la polémique sur leur cabinet de révisorat. Donc, une ouverture semble s’être créée au PS liégeois.

Pour qui ? Alain Mathot se profile comme un challenger…

De fait, Alain Mathot pourrait prendre plus de poids politique mais les anciens "daerdenistes" vont tenter de lui bloquer la route. En effet, il a ouvertement critiqué Michel Daerden à plusieurs reprises. Par conséquent, une période de turbulence risque de s’installer au PS liégeois. Par ailleurs, Willy Demeyer va prendre la tête du GRE. Pourra-t-il rester en même temps président de la fédération liégeoise du PS ? Sera-t-il contesté ? Cela pourrait faire des étincelles

Et Stéphane Moreau ? Son étoile a pâli ?

On essaie d’évacuer Stéphane Moreau de la direction de Tecteo en raison de ses cumuls de mandats. S’il devait quitter Tecteo, sachant qu’il est issu du clan Daerden, il y aurait une compensation pour lui et son clan d’origine. À savoir : jouer le rôle du troisième homme fort au sein de la fédération liégeoise du PS. Il s’était rapproché de Mathot mais s’il y a une place à prendre, il jouera sa carte initiale. En effet, Alain Mathot est un allié dangereux car il n’a pas encore un réel poids politique.

Le MR liégeois a connu une terrible crise interne. Les libéraux sont-ils en danger ?

Malgré les contestations, c’est tout de même Didier Reynders qui reste le patron du parti. Ceci pourrait influencer la redistribution des influences entre Liégeois. En effet, Daniel Bacquelaine attend son heure, il veut devenir ministre. Il a accepté la force de Reynders, mais il ronge son frein depuis des années. Or, suite à la division interne, Christine Defraigne risque de payer les pots cassés. Elle a attaqué le lion dans sa cage

Est-elle finie politiquement pour autant ?

Si elle n’arrive pas à fédérer assez de militants et de mandataires liégeois autour d’elle, Daniel Bacquelaine pourrait devenir tête de liste MR aux régionales. Après tout, c’est lui qui apporte la crédibilité libérale dans la région liégeoise, il est bourgmestre de Chaudfontaine, il est le leader de la ceinture bleue autour de Liège. Par souci de pacification, Christine Defraigne pourrait alors se présenter aux élections fédérales, juste après Didier Reynders sur la liste.

Et Ecolo ? À Liège, on sent une fracture interne liée au cas “Wesphael”.

L’idéalisme d’Ecolo a cédé la place au pragmatisme. Bernard Wesphael a eu le "malheur" d’être trop à la pointe des critiques contre la malgouvernance du PS. Son écartement du gouvernement wallon est un peu la contrepartie des mesures de bonne gouvernance qu’Ecolo a fait avaler au PS dans les majorités Olivier.

Philippe Henry est contesté en interne.

Philippe Henry a été un leader très charismatique de la Fef, cela pouvait laisser croire qu’il pourrait devenir un bon ministre, bien que ses débuts politiques chez Ecolo étaient déjà en demi-teinte. Mais Philippe Henry est plus proche de l’esprit de la coalition "Olivier" qu’un Wesphael.

Le CDH liégeois est bien mal en point. Qui pourrait prendre la relève ?

Ce parti est en effet en difficulté à Liège car il est en manque de leaders. Jean-Pierre Grafé a fait le vide autour de lui Marie-Dominique Simonet est clairement un poids lourd humaniste mais elle n’est pas de Liège même. Et Michel Firket n’a jamais été que le numéro deux de la politique communale liégeoise, juste derrière Willy Demeyer. Firket est le Poulidor de la politique Il vient de déclarer qu’il se verrait bien bourgmestre mais, vu les rapports de force actuels et la domination du PS et du MR, il faudrait vraiment une crise majeure pour que cela se réalise. Toutefois, il devait se positionner face aux attaques des écolos et des libéraux pour ravir la place du CDH dans la majorité communale liégeoise.

Autres Informations

À ne pas manquer

SUPERBOWL

Madonna superstar du Superbowl : découvrez sa prestation épatante.

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Facebook

Haut de page