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Politique
Claude Desama : cap sur l’axe Liège-Verviers
Aurélie Michel et Paul Vaute
Mis en ligne le 13/02/2010
Le 15 février 2008, Claude Desama tendait la perche à Liège en appelant à créer une grande métropole, un axe solide formé entre la Cité ardente et la Cité de l’eau. Après deux ans, a-t-on suffisamment avancé dans ce sens ? Le point avec le bourgmestre PS de Verviers.
Êtes-vous satisfait des progrès accomplis en matière de supracommunalité ?
Oui. Concrètement, à la suite des articles parus il y a deux ans, la Province a pris des initiatives. Elle a créé la Coordination des pouvoirs locaux. L’objectif est de définir des politiques communes aux trois arrondissements en matière de tram, de train léger, d’aménagement du territoire Il y a aussi des pistes de réflexion vers une sorte de communauté urbaine à l’échelle provinciale.
Un deuxième effet a été l’ouverture du conseil d’administration du Groupe de redéploiement économique (GRE) à des personnalités verviétoises, Pierre-Yves Jeholet et moi-même. A présent, à la suite du départ de Michel Daerden, on rabat les cartes. Jacques Vandebosch a proposé de restructurer provincialement le GRE. Cela permet de sortir d’un climat trop liégeo-liégeois où on sait s’unir pour être plus forts mais où on se dispute pour savoir qui va tirer la corde !
Que peut apporter le nouveau GRE à Verviers et à son arrondissement ?
Il y a une prise en compte par l’étude McKinsey des pôles qu’on pourrait développer : le Polygone de l’eau, le tourisme trop éparpillé entre ses Maisons, l’agroalimentaire pour lequel nous avons un centre de formation et de compétences avec Formalin, mais il faut maintenant un cluster.
Comment articuler la Coordination des pouvoirs locaux, le GRE, la SPI +… ?
Le GRE est en charge du redéploiement économique, la Coordination œuvre dans le sens d’une grande communauté urbaine et la SPI + est le principal bras armé pour opérer sur le terrain. Et Willy Demeyer à la présidence, c’est tout naturel, en tant que bourgmestre de Liège.
A Liège, l’idée de communauté urbaine a pris appui sur l’existence d’une conférence des bourgmestres de l’agglomération. Est-ce que cela ne manque par à Verviers ?
Si, cela nous manque. Mais l’arrondissement de Verviers présente une grande disparité. Au-delà de Dison et de Pepinster, ce sont des communes rurales, sauf un peu Spa. En 1976, on a raté la fusion. On aurait pu faire de Verviers une ville de 100.000 habitants comme Mons. J’ai bien essayé il y a quelques années avec Jeholet de lancer une communauté urbaine, mais on s’est heurté à la crainte des autres communes de devoir payer pour des services que nous sommes seuls à payer actuellement.
Il faudrait aussi que le Forum des forces verviétoises fonctionne mieux…
Oui, et pour qu’il fonctionne mieux, qu’il ne soit plus présidé par un politique qui ne peut pas prendre une initiative sans avoir tous les autres contre lui.
La Communauté germanophone réclame de nouvelles compétences avec, à l’horizon, la perspective d’un statut hors province. Ne craignez-vous pas que l’arrondissement s’en trouve appauvri ?
Les transferts paraissent inévitables. Ils ne me gênent pas mais il faudra aller jusqu’au bout de la logique, notamment sur le plan des circonscriptions politiques. Un sénateur et un député européen qu’ils désignent tout seuls, on fait du BHV à l’envers ! Sur le plan économique et social, je souhaite que les germanophones gardent des liens très forts, qu’ils soient représentés au GRE et dans la Coordination provinciale, même s’ils ne sont plus dans la province.
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