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Social | Liège

La Chauve-souris quitte son nid

Mis en ligne le 27/02/2010

Installé jusqu’ici dans le Laveu, le squat, aussi centre social occupé, déménage.

Elle était installée dans le Laveu depuis octobre 2008 et résistait malgré les critiques parfois violentes (et physiques) subies mais, la semaine dernière, la "Chauve-souris" s’est vidée de ses habitants. Pour rappel, la "Chauve-souris" était à la fois un squat et un centre social occupé dans lequel plusieurs activités politiques et culturelles s’étaient développées. Des débats, des projections de films ou des soirées concerts y étaient par exemple organisés. Un info-kiosque et un magasin à prix libre (chaque "acheteur" apportant la contribution qu’il désire) avaient également été installés dans les locaux.

Les locaux, ce sont eux qui constituaient le cœur de la polémique qui a marqué le lieu. Ainsi, le numéro 62 de la rue de la Chauve-souris, où le collectif s’est installé, est un bâtiment de l’ASBL CJL. Le 3 octobre 2008, après avoir fait le tour du bâtiment désaffecté et apparemment abandonné, les membres du collectif sont simplement entrés par une porte non-fermée. Depuis cette date, la propriétaire n’a cessé de vouloir récupérer son bien. Après avoir envoyé la police, qui ne pouvait rien faire sans avis d’expulsion, l’ASBL CJL avait décidé, le 23 mars dernier, d’expulser les occupants à coup de pelleteuse. Une partie de la façade avait été démolie alors même que les occupants dormaient derrière les fenêtres. Malgré tout cela, les amis de la "Chauve-souris" continuaient de la faire vivre, et avaient même lancé de nouvelles activités comme un potager collectif.

Mais, parallèlement, les procédures judiciaires suivaient leur cours. Et un ordre de quitter les lieux pour le 10 décembre avait été donné. À cette date, les occupants avaient décidé de ne pas partir puisque l’ASBL n’avait toujours aucun projet pour le bâtiment, si ce n’est la destruction. Ils ont donc résisté la nuit du 10 décembre et les jours suivants avant de se rendre compte que personne ne venait les déloger. Le matériel de valeur, déplacé dans le doute, a dès lors repris sa place et les activités ont recommencé.

C’est à partir de cet instant, nous affirme un membre du collectif, que les occupants ont reçu des coups de téléphone réguliers de la police qui leur demandait "gentiment" de partir. Il n’y a pas d’ironie dans le terme puisque, nous précise la même personne, "on sentait bien que le bourgmestre essayait d’éviter les opérations policières". Personne ne s’est donc rendu sur le lieu pour les expulser, mais des discussions avec Willy Demeyer ont été entamées. Le contact a baissé en intensité après les évènements de la rue Léopold mais les occupants ont finalement décidé de partir d’eux-mêmes. "On a décidé de partir car il y a d’autres lieux disponibles et on n’avait plus qu’une activité minimum", nous dit-on du côté de la "Chauve-souris". L’hypothèse de déplacer les activités vers d’autres squats de ce type n’est en effet pas éludée, que du contraire.Mélodie Mertz (st.)

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