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Rentrée | Jacques Pélerin
"Les Liégeois se vendent mal"
Paul Vaute
Mis en ligne le 02/09/2010
En termes simples à défaut d’être rigoureux, il est le "patron des patrons" liégeois. Président de la section liégeoise de l’Union wallonne des entreprises (UWEL), Jacques Pèlerin est aussi à la tête du comité exécutif du Groupe de redéploiement économique du pays de Liège (GRE). Par ailleurs directeur général "country" d’ArcelorMittal pour la Wallonie, il a piloté la contribution du géant sidérurgique à la reconversion de notre bassin industriel. Nous avons procédé avec lui à un large tour d’horizon en cette rentrée de toutes les incertitudes.
Crise économique, blocage politique, finances publiques dans le rouge… : n’est-ce pas une addition redoutable pour une région économiquement fragile comme Liège ?
C’est clair. Tous les éléments d’incertitude posent problèmes et l’économie vit sur un niveau mondial.
Selon une étude européenne, la Belgique est un pays champion en matière de grèves. Comment le climat social a-t-il évolué chez nous ?
C’est très variable d’un secteur à l’autre, mais si je dois faire un bilan global, ce n’est pas trop mauvais. Les mesures sociales, notamment en matière de chômage, nous ont permis de passer à travers la crise. Et tout le monde, syndicats comme patrons, est conscient de la gravité de la situation. Il faut être attentif à ce que font les pays émergents. Nous ne sommes pas dans une position où on pourrait se permettre de faire n’importe quoi au niveau social.
L’économie peut aussi être victime de décisions politiques. Les exportations de la FN Herstal, par exemple…
Il faut qu’on reste réaliste. Nous ne sommes plus seuls à décider dans le monde et tout le monde n’a pas la même vision. C’est aussi le cas en matière d’environnement. Il faut aller vers le respect de certains principes, mais il faut trouver le bon chemin pour y arriver, en maintenant notre économie et nos emplois.
Le Groupe de redéploiement économique est en train de se redéfinir. Va-t-on arriver à une structure plus claire et efficace ?
Les discussions sont bien avancées. La gouvernance a été retracée et il faut la laisser se mettre en place. Il y a eu des réunions entre les différentes instances. Cela a bien évolué.
Le GRE a été conçu et financé à l’origine en fonction des problèmes du bassin industriel liégeois. Ne faudrait-il pas élargir sa compétence géographique, à la province par exemple ?
Je pense que la volonté est effectivement de ne pas uniquement se centrer sur Liège et d’aller vers un périmètre plus large. Il n’y a pas énormément de débats sur le sujet.
La Sodie, qui avait été mise en place pour amener 2700 emplois suite à la condamnation de la sidérurgie chaude liégeoise par Arcelor, a fait savoir il y a quelques mois qu’elle avait rempli sa mission. A-t-elle encore un rôle ?
L’objectif qui avait été fixé à l’horizon 2010 est atteint. Il n’a pas été modifié malgré la relance des hauts-fourneaux. Mais il y a toujours un retard entre un business plan et sa réalisation. D’autre part, Liège a changé ces dernières années et des entités comme la Socran ont été développées pour aider les entreprises. C’est avec ces organes qu’il faut jouer à présent.
Un taux de chômage de 20 % à Liège d’un côté et de l’autre, des entreprises qui ont du mal à recruter du personnel formé: peut-on agir à l’échelon local pour résoudre ce paradoxe ?
C’est un des points clés. On ne peut pas accepter une situation pareille. Il y a pour cela des actions à mener au niveau régional et de l’Etat, mais aussi au plan local. Exemple : puisqu’il y a trop peu de personnes qui se destinent à des métiers techniques ou d’ingénieurs, il faut travailler en amont, dans l’enseignement primaire et secondaire, pour montrer qu’il y a là des métiers attrayants. Le Techni-Truck (un semi-remorque didactique qui va à la rencontre des jeunes, ndlr) conçu par la Province avec Agoria est une bonne initiative en ce sens. C’est aussi le cas pour le projet Start Tech qui a ouvert les portes des entreprises. Résoudre cette équation dont vous parlez, cela doit être la priorité majeure au niveau régional.
La nouvelle gare, le futur tram…, c’est bénéfique au plan économique ou c’est “neutre” ?
Cela va avoir un effet, mais il faut un peu de recul pour le mesurer. Il faut notamment que tout se fasse au mieux aux abords et autour de la gare.
Avez-vous le sentiment que l’image de Liège s’améliore ou pas ?
On se vend encore mal. On n’est pas vraiment porté sur le marketing. Mais l’image s’améliore quand même. Il faut encore y travailler. L’Expo internationale 2017 peut être à cet égard un fabuleux vecteur, à l’extérieur mais aussi en interne.
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