Nourrir le corps et l'esprit
Une boulangerie artisanale a ouvert ses portes en Outremeuse. L'initiateur du projet entend lutter contre l'obésité et la malbouffe.
- Publié le 13-02-2012 à 04h15
- Mis à jour le 13-02-2012 à 08h02

Fabriquer du pain qui a une âme, mettre en avant le plaisir de manger mais aussi s'engager dans la lutte contre l'obésité et privilégier les filières courtes, sans intermédiaire, c'est la mission que s'est lancée Philippe Caprioli en se reconvertissant dans la boulangerie artisanale. En 2006, suite à la lecture d'un texte du philosophe français Jean-Jacques Delfour, sur le problème de l'obésité et de la surconsommation, il créé une petite ASBL visant à élaborer des initiatives de promotion de la santé autour des problématiques alimentaires.
"Ma réflexion sur le sujet aboutissait à ce constat : dans la lutte contre l'obésité, il faut une approche multifactorielle car l'obésité résulte d'une addition de comportements : stress, déstructuration des repas , qui mène à des pathologies (surpoids, diabète, maladies cardio-vasculaires, etc.). A cela s'ajoutent certaines dérives de l'agriculture et le rôle joué par l'industrie agro-alimentaire qui ajoute du sucre, du gras et des produits chimiques de façon excessive dans ses produits. Je me suis dit qu'il fallait attaquer le problème à la source", explique Philippe Caprioli.
Il se forme alors au métier de boulanger, achète des machines d'occasion, rénove une maison et y installe son atelier. La petite boulangerie est opérationnelle depuis un mois. "Je me fournis en farine au moulin de Hollange, en Ardennes, qui utilise l'énergie hydraulique pour sa meule et qui produit une farine exceptionnelle, sans ajout de conservateurs, en utilisant des méthodes traditionnelles de mouture afin de conserver les éléments nutritifs essentiels." Le boulanger produit quotidiennement 60 pains de froment et d'épeautre, déclinés en quatre versions. "Je veux mettre en avant la notion de plaisir, de bien-être qui ont des répercussions bénéfiques sur la santé. Mon pain a du goût, du caractère; il nourrit car il contient des sucres lents et sa densité oblige à le mâcher longuement. Ce pain, c'est beaucoup de travail. Il semble plus cher mais en fin de compte non car on en mange moins."
Un peu victime de son succès (la production est limitée à la capacité du four et du pétrin), Philippe Caprioli envisage de former un autre boulanger qui ouvrirait un nouveau point de vente, toujours sur le même principe. Et il ne compte pas s'arrêter là. "D'ici le printemps, nous allons ouvrir dans la maison une épicerie où l'on vendra du fromage et des légumes. Et nous lançons des ateliers pour enfants. Ils pourront fabriquer du pain et le déguster ensuite. Avec eux, nous allons aborder la thématique de l'alimentation, parler du travail de la terre, de la nécessité de s'arrêter pour manger, du plaisir lié à la nourriture Pour changer durablement les habitudes, il faut commencer jeune."
Un pain c'est tout, rue de la Loi, 20 à Liège. Ouvert du jeudi au dimanche. Infos et réservations pour les ateliers : 0472/25.54.73.
