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Mobilité
Un tram, oui, mais lequel ?
Bruno Boutsen
Mis en ligne le 22/10/2009
Le retour du tram à Liège, c’est une chance historique pour l’agglomération liégeoise", martelait en février dernier le ministre wallon André Antoine (CDH), de passage en Cité ardente afin de présenter, avec d’autres, les grandes lignes de force d’un "plan global, intégré et phasé" dont le futur tram liégeois devait être le moteur. Un grand consensus semblait alors s’être dégagé sur le sujet, le bourgmestre de Liège Willy Demeyer (PS) insistant quant à lui sur une "nécessité de réinstaurer un réseau de transports en commun structurant au niveau de l’agglomération liégeoise".
Huit mois plus tard, le nouveau ministre wallon Philippe Henry (Ecolo), en charge notamment de la Mobilité, ne dit pas autre chose. Ainsi, ce mardi en commission du Parlement wallon, il a affirmé que le projet d’un tram à Liège était bel et bien maintenu, coupant ainsi court aux supputations relatives à l’état d’avancement de ce projet jugé emblématique pour la région liégeoise.
Interrogé par nos soins, Philippe Henry précise : "Il est logique d’avoir confirmé le projet de tram liégeois étant donné qu’il était dans l’accord gouvernemental et même si la situation budgétaire est difficile". Concernant le financement de ce projet, qualifié par le ministre écolo de "nécessité trop longtemps différée qui va conditionner l’avenir de la ville et de l’agglomération liégeoise", il confirme ce que l’exécutif wallon avait annoncé fin 2008, à savoir qu’un budget de 500 millions d’euros lui serait dédié dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP). Un PPP dont le montage est encore à définir, et c’est d’ailleurs tout le sens de la mission confiée récemment par le ministre Henry à la SRWT, chargée d’étudier les différents types de partenariat financier possibles. "Il existe une véritable volonté politique de mener ce projet à bien et le plan de financement précis doit être connu d’ici fin 2010", précise encore Philippe Henry.
D’ici là, il n’est bien sûr pas question pour le ministre de se croiser les bras. Ainsi, il prévoit l’élaboration d’ici la fin de cette année d’une "procédure de concertation" sur l’épineuse question du tracé. En effet, le tracé envisagé dans un premier temps - à savoir une ligne dite de fond de vallée reliant Seraing à Herstal, en passant par Liège, via la rive gauche de la Meuse - pourrait bien être revu. À ce niveau, l’autre option principale, du moins pour une première ligne, serait de réaliser une boucle dans le centre-ville liégeois. Une option défendue notamment par le groupe local Ecolo de Liège ainsi que par l’ASBL UrbAgora, dont les propositions sur ce sujet n’ont pas manqué ces derniers temps.
Pour le président de cette ASBL, dont Philippe Henry a jugé les propositions tout à fait intéressantes, "il ne faut pas se limiter à une ligne Seraing-Herstal et il faut avoir une approche globale, liant le futur tram avec le train et le bus". Concernant le phasage, François Schreuer préconise d’abord et avant tout d’effectuer une boucle en centre-ville, et ce pour diverses raisons dont le fait qu’"il importe que cette première ligne soit une réussite incontestable". Or, précise-t-il, "la ligne de bus 4 est sans conteste la plus saturée du réseau". La nécessité de réussir la première phase ainsi que la saturation des lignes de bus existantes, notamment celle reliant Seraing à Herstal, ce sont justement les arguments avancés par d’autres pour justifier la réalisation d’une ligne de fond de vallée. Pour le maïeur liégeois, en tout cas, "cette ligne est indispensable du point de vue de la communauté urbaine, dont le tram constitue le premier vrai test".
Ajoutez à cela les incertitudes planant encore, pêlemêle, sur le passage du tram rive droite ou gauche de la Meuse à Seraing, au niveau de la nouvelle gare TGV à Liège ou encore la possibilité ou non de desservir le quartier de Bressoux-Droixhe, le moins que l’on puisse écrire est que les questions ne manquent pas. Des questions qui ne doivent pas encore être tranchées, estime pour sa part le ministre Henry, pour qui l’heure n’est pas aux grandes déclarations. Il annonce d’ailleurs la tenue d’une vaste concertation, promise à l’époque par le ministre Antoine et associant tous les acteurs concernés, d’ici le début de l’année prochaine. Mais ce qui est clair pour le ministre écolo, c’est que "le tram doit pouvoir profiter à tout le monde et être réalisé rapidement".
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