La Libre.be > Actu > Gazette de Liége > Article
Conseil communal | Ville de Liège
Le personnel en sursis ?
Bruno Boutsen
Mis en ligne le 27/01/2010
Récemment (voir "Gazette" du 21/01/2010), le collège communal de la Ville de Liège présentait à la presse son projet de budget pour cette année 2010. Un exercice complexe à réaliser compte tenu du contexte de crise connu actuellement, un contexte difficile qui a d’ailleurs abondamment été rappelé par le grand argentier liégeois, André Schroyen (CDH) tant lors de sa présentation de la semaine dernière qu’à l’occasion du Conseil communal lundi soir. Un Conseil "spécial budgets" - au pluriel car il s’est agi pour le collège de présenter au vote l’ensemble des budgets communaux - au cours duquel l’opposition ne s’est pas privée de donner son point de vue.
Ainsi, après que le bourgmestre Willy Demeyer (PS) et son échevin des Finances aient rappelé leur volonté d’assurer "un équilibre durable des finances liégeoises", notamment en procédant à "une modération de l’évolution de la masse salariale", la parole a d’abord été donnée au chef de groupe libéral, à savoir Didier Reynders. Ce dernier, parlant de "budget de transition dépourvu de nouvelles orientations", a déploré le manque d’accents mis selon lui sur un certain nombre de domaines, à commencer par la poursuite de la baisse du précompte immobilier, une manière affirme-t-il de "faire revenir à Liège des habitants ayant une réelle capacité contributive". "On a souvent utilisé l’argument de l’augmentation de la population, poursuit Didier Reynders, mais si on veut équilibrer le budget communal à long terme, il faut impérativement penser à cela".
Autre critique adressée par le MR et qualifiée par son président de "véritable point noir de ce budget" : le manque de soutien accordé selon lui à l’emploi ainsi qu’à l’activité économique, préconisant entre autres une nécessaire réduction de toute une série de taxes. Sur le premier thème, le groupe libéral, qui a émis lors d’un point-presse tenu hier toute une série de propositions afin de "soutenir l’emploi", s’inquiète de l’absence de quelque ligne "emploi" que ce soit au sein du budget 2010, et ce alors que "cette année se profile comme une année de crise sociale". Concernant le personnel et la "modération de l’évolution de la masse salariale" prévue par le collège, le MR s’en inquiète et craint "un véritable bain de sang social". "Il est absolument nécessaire que la Ville nous donne des indications sur le fait de savoir si les départs à la retraite seront ou non remplacés et sur ce qui sous-tend cette décision". Le MR se pose donc en défenseur d’"un emploi public de qualité" et plaide à nouveau pour un rapprochement, au niveau des agents communaux, entre les contractuels et les statutaires.
Pour le reste, un autre aspect évoqué par le groupe libéral, tant lors du Conseil que de son point-presse, concerne la mobilité à Liège et dans son agglomération, où le dossier du tram est vu comme une sorte d’"arlésienne". À ce sujet, tant Didier Reynders que Christine Defraigne ont exprimé leurs craintes quant au devenir de ce dossier pourtant jugé prioritaire pour l’avenir de la région liégeoise. "Rien n’est budgété à ce sujet" , déplore ainsi cette dernière, qui en appelle à une initiative forte de la Ville en la matière et à une augmentation de la dotation de la cellule tram, mise sur pied il y a peu à l’initiative de son parti.
Tandis que du côté du PS et du CDH, ce dernier parlant tout de même de "budget de crise", on s’octroie un satisfécit en la matière, l’opposition Ecolo s’est sans surprise montrée moins sévère que le MR. Ainsi, parlant d’"un budget au fil de l’eau", la chef de groupe Bénédicte Heindrichs a souligné que "la population augmente mais les masses budgétaires diminuent et le personnel communal aussi". Tout comme le MR, Ecolo rappelle la nécessité d’une réflexion à ce sujet et, concernant le budget extraordinaire, pointe l’absence de projets nouveaux si ce n’est une attention soutenue accordée aux voiries. Enfin, Bénédicte Heindrichs constate avec un certain dépit "le manque de prise de la Ville sur son destin et sur ses projets". Mardi soir, la Ville devait répondre à ces critiques et les différentes taxes - avec pour rappel un maintien des trois principales - devaient être votées.
Le rire "communicatif" du...
François Fillon à Bruxelles
Le trophée de l'Euro 2012 se...
Il saute d'un hélicoptère...