Abonnez-vous a La Libre Belgique

Portrait | Frédéric Daerden

Un réviseur égaré en politique

Frédéric Chardon

Mis en ligne le 12/03/2010

La chance et le drame de “Fredo” : un père survivant de la politique belge.

Sous pression depuis plusieurs semaines, on dit Michel Daerden très affaibli et marqué par les critiques pesant sur la gestion de son ex-cabinet révisoral. Du coup, c’est "Fredo" qui est allé au feu, sur les plateaux de télé, pour défendre avec un certain aplomb l’entreprise familiale. Mais qui est vraiment le bourgmestre de Herstal ? Quel personnage se cache derrière ses costumes à rayures pas toujours bien coupés ?

"Fredo" est d’abord un vrai gentil. Lorsqu’il s’emporte, on peut voir dans son regard qu’il regrette déjà ce qu’il est en train de dire. En cela, il diffère de son père qui, lui, est capable de la plus grande amitié immédiatement suivie de la plus terrible colère. Voire d’une sourde férocité à l’encontre de ses ennemis, mal masquée par ses frasques débonnaires. Frédéric Daerden est plus constant, plus consensuel.

Littéralement "bouffé" par son métier de réviseur d’entreprises et ses mandats politiques, sa vie professionnelle envahit la sphère privée : ses proches collaborateurs deviennent des amis, associés à tous les évènements. Les loisirs ? Très peu, même s’il est clair qu’il apprécie de boire un verre tout comme le paternel, mais dans des proportions moins dantesques.

Sa chance, c’est son drame : être le fils de Michel. Pourtant, le bourgmestre de Herstal, le député européen, s’est fait un prénom au PS, pas de doute. Non, le problème, c’est que le père aimé - qu’il appelle en privé "le ministre" - n’est séparé de lui que par quelques années (20 ans). L’ascension de "Fredo" est ainsi freinée par la voute de verre que constitue la puissance, certes déclinante, d’un "papa" toujours en lice. "Laurette Onkelinx et Alain Mathot ont rapidement pris du galon lorsque le père de la première s’est retiré de la politique nationale et quand le père du second est décédé, explique un élu socialiste. Sans ces évènements, leur carrière n’aurait jamais explosé si rapidement."

Bref, tant que Michel sera là, Frédéric jouera les seconds rôles. Toutefois, ce n’est pas vraiment une catastrophe pour ce diplômé des HEC dont on dit que le révisorat est le véritable métier. Son intelligence - élevée - a été structurée par cette profession : le bourgmestre de Herstal envisage les choses, les dossiers, comme un analyste. "Dans sa commune, il conçoit les projets et puis il délègue, explique un membre influant du PS. Il est conditionné par le métier de réviseur où on établit un diagnostic mais où on n’est pas chargé de mener les réformes."

En d’autres termes, Frédéric Daerden, c’est un réviseur égaré en politique, plutôt qu’un politique égaré dans le révisorat. "Il s’est peut-être bru les ailes en se lançant dans la politique, un peu sur un coup de tête. Et de l’autre côté, le révisorat plombe sa carrière de mandataire comme on peut le voir maintenant. Mais il passera au travers", prédit un proche.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page