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Politique | Huy
Anne-Marie Lizin fourbit ses armes
Sabine Lourtie
Mis en ligne le 01/09/2010
La crise qui a frappé la majorité communale hutoise avant la période estivale a dû convaincre Anne-Marie Lizin que son temps était moins que jamais révolu. L’ex-bourgmestre prépare à présent son retour, l’œil rivé sur les communales de 2012.
Quel regard portez-vous sur les derniers rebondissements politiques hutois, menant à une nouvelle majorité ?
Je déplore ces petits jeux politiques, une dérive du Code de la démocratie locale et de ses motions de méfiance. Le nouveau décret rend attractives les petites magouilles entre partis et sections de partis, pour éliminer ceux qui gênent. C’est de nature à déstabiliser les communes. Et la situation va s’aggraver Actuellement, avec seulement 10 élus sur 27, le PS hutois panique, sent sa légitimité remise en cause. Et puis l’arrivée de Collignon fils est là pour faire trembler les uns et les autres. La nouvelle majorité est concentrée sur ses guéguerres internes. Et sur le terrain, ils sont dépassés, loin d’être réactifs, reportant par exemple la rénovation urgente de la Place Verte. Quant à Housiaux, il n’a ni la carrure, ni le carnet d’adresse pour appuyer de grands projets hutois auprès des pouvoirs régionaux et fédéraux. C’est finalement drôle d’observer que les deux plus gros scores hutois (ndlr : Lizin et Denis Léonard, ancien échevin écolo) ont été éjectés dans l’opposition.
Comment percevez-vous le parachutage de Christophe Collignon au sein du collège ?
Un non-sens Non seulement, il n’a pas la fibre sociale mais il n’est pas du tout hutois de cœur, ni amoureux de la ville. Il s’est d’ailleurs longtemps moqué de Huy, comme son père. Son arrivée ici, c’est le business total, l’importation d’un battu d’Amay à Huy, un coup de force politique orchestré par Javaux et Di Rupo en vue d’un accord régional. Comme petit cadeau à Javaux, Elio envoie Collignon dans le micmac de Huy. Il va donc entrer au collège par le biais d’une décision de parti, sans avoir été élu, ni détenir de mandats locaux. Quel mépris des électeurs et de ceux qui sont déjà là. Au sein de la majorité, ils sont déjà en train de le combattre.
Et votre action au sein de l’opposition, misera-t-elle encore sur la stratégie des 36 questions en fin de Conseil ?
Ce n’est pas une stratégie. Chaque interpellation au Conseil communal est une question qui m’a été posée par un citoyen. Comme ces personnes ne reçoivent pas de réponse de la Ville à leurs mails, ils m’en font part. Ici, j’en ai une quarantaine en suspens, qui seront déposées au prochain Conseil.
Avec Bergilez et Tilkin, vous disposez d’un statut spécial au Conseil communal, à la fois dans la majorité et à l’extérieur, en tant qu’indépendante ?
C’est une situation anormale, antidémocratique Le droit public refuse que nous prenions une autre appellation et que nous ne soyons plus repris sur la liste PS. Je dois donc me déclarer indépendante mais ne peux, par exemple, pas voter en commission, ni prendre part à la gestion de l’hôpital. Nous voulons être reconnus comme un groupe normal. En ce sens, nous allons aller devant le Conseil d’Etat pour clarifier ce point.
Dans la perspective des élections communales de 2012, où en est le mouvement “Pour Huy” ?
Je rappelle que ce n’est pas vraiment un parti mais un mouvement, ouvert à toutes les tendances politiques. Ce que nous voulons, c’est travailler avec de vrais Hutois pour sortir la ville de l’impasse et redorer son blason. Nous servons aussi de hautparleur pour pointer les problèmes, répercuter les informations aux citoyens. Ce soir par exemple (ndlr : hier soir), nous organisons une réunion avec les commerçants pour les informer d’importants chantiers d’égouttage dans le centre-ville, alors que c’est le blackout total actuellement du côté de la Ville.
On reparle de la communauté urbaine à Liège. Vous continuer à la décrier ?
Oui, depuis toujours Car si la communauté urbaine s’arrête à Liège, Huy risque bien de basculer vers Andenne et Namur. C’est une capitale administrative. Et même si elle n’a pas le dynamisme de Liège, l’implantation des centres commerciaux qui se rapprochent de Huy et les facilités d’accès en font une zone attractive. Il faut que Liège pense plus globalement encore, que ce soit pour la relance économique, le tourisme, les transports en commun, les hôpitaux, les maisons de repos On a beau l’expliquer et le réexpliquer à Liège, rien n’y fait
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