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Le Forem monte au front
M. At.
Mis en ligne le 14/09/2011
Jusqu’ici, ils estiment avoir été peu entendus, les représentants des travailleurs du Forem. Après le dépôt de leur préavis de travail au printemps dernier, ils ont bien eu droit à des rencontres avec le ministre de tutelle André Antoine, et son entourage. Mais la dernière version du contrat de gestion, celle qui précisément a été signée hier, tient peu compte de leurs critiques d’alors.
D’où cette nouvelle sortie et cette prémonition lâchée par une permanente CGSP, Nathalie Dechèvres déclarant que " l’automne sera chaud ".
La signature intervenue hier n’avorte en rien la suite, prétendent-ils en chœur. Approuvé, le contrat de gestion doit encore être mis en œuvre. Et c’est ici que l’on comprend que les syndicats entendent bien jouer leur rôle et réclamer les adaptations nécessaires pour rendre les mesures de ce contrat de gestion "buvables" pour reprendre à dessein le qualificatif employé.
Depuis plusieurs mois maintenant, CGSP, CSC et SFLP dénoncent dans une sorte de front commun le montant de la dotation. Le ministre assure que ce chiffre ne pourra pas varier. Les syndicats lui rétorquent que non indexée et sans l’ajout d’un pour cent additionnel spécifique au Forem, la dotation ne pourra permettre de compenser l’augmentation naturelle de la masse salariale.
Inéluctablement, le personnel et les demandeurs d’emploi en pâtiront, ajoutent-ils. Dans la foulée, les syndicats ajoutent avoir perçu d’autres signes de faiblesse. Ils jugent ainsi que les conseillers référents devront prendre en charge un nombre supérieur de demandeurs d’emploi avec, à la clé, une perte de qualité pour le service. "Déjà que le travail administratif n’est pas léger , affirme Paul De Sacco pour la CSC. Nous craignons vraiment que le suivi soit moins bien assuré vu les conditions de travail." Thierry Bodson de la FGTB s’est pour sa part inquiété du fait que le budget 2012 du Forem laissait entrevoir un trou de 40 millions d’euros. Pour le combler, l’institution pourrait selon lui être obligée de toucher aux montants attribués pour les emplois APE, pour la formation ou pour le personnel.
Mais à l’autre bord de la scène, Thierry Devillez, représentant de l’Union wallonne des entreprises, a quant à lui indiqué sa crainte de voir le Forem se replier sur lui-même.
Et, c’est au cœur de cette mêlée qu’André Antoine, ministre en charge du dossier, a préféré tempérer la situation, en gardant dans ses propos clarté et modération.
André Antoine avait ainsi indiqué avant la prise de décision qu’aucun autre contrat de gestion n’avait été aussi précieusement préparé. Le contexte économique international autant que la future réforme institutionnelle, qui pourrait doter l’organisme de compétences plus larges en terme de formation et d’emploi, imposent toutefois de rester lucide selon le ministre. Pour doucher les inquiétudes, le ministre a ensuite affirmé qu’il ne pouvait malgré tout pas y avoir d’économies réalisées sur le dos de l’emploi.
Reste que pour marquer leur mécontentement, les syndicats bloqueront la majorité des sites du Forem ce jeudi.
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