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Quatorze casques bleus et cinq militaires congolais ont été tués jeudi soir dans la région de Beni, au Nord-Kivu. Une cinquantaine d'autres ont été blessés et leur évacuation médicale était en cours, selon un tweet de Jean-Pierre Lacroix, secrétaire-général adjoint de l'Onu pour les opérations de maintien de la paix.

Il s'agirait de casque bleus tanzaniens, tués lors d'affrontements avec le groupe armé ougandais Forces démocratiques alliées (ADF), a indiqué la Monusco (Mission de l'Onu au Congo). Plusieurs casques bleus tanzaniens ont été tués en septembre et octobre derniers par cette milice dans la région de Beni, en particulier lors d'un assaut contre une base de la Monusco, le 9 octobre.

La région de Beni est la proie de massacres récurrents depuis trois ans, qui ont fait quelque 1500 morts civils. Kinshasa attribue ces violences aux ADF, voire à de nébuleux "islamistes" somaliens, tandis que des enquêtes de chercheurs étrangers démontent la thèse djihadiste et montrent que des soldats congolais ont parfois compté parmi les tueurs tandis que l'armée a souvent péché par manque de réactivité quand les attaques sont signalées.

"C'est la pire attaque contre des soldats de la paix des Nations unies dans l'histoire récente de l'organisation", a réagi son secrétaire général, Antonio Guterres, se déclarant "indigné" face à ce "crime de guerre" qui a principalement touché des soldats tanzaniens. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis son déploiement en 1999 dans l'ex-Zaïre contre la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), la plus pléthorique et la plus coûteuse de toutes les opérations de l'ONU dans le monde (18.000 personnes et 1,2 milliard de dollars de budget annuel).