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La grève de la SNCF s'étend sur presque trois mois, un record, alors que le gouvernement prévoyait un blocage plus condensé, moins long. Si seuls deux jours sur cinq sont concernés chaque semaine par les blocages, l'étalement sur le temps fait de cette grève l'une des plus importantes de l'histoire du rail français. Le gouvernement assure pour sa part qu'il "tiendra bon" et ce "dans la concertation".

Et avec un TGV sur huit en moyenne et un train régional sur cinq qui circulent, les cheminots ont donné le ton ce mardi de la mobilisation contre la réforme de la SNCF.

Comme l'avait anticipé la direction de la SNCF, le trafic est "très perturbé" pour ce premier jour d'une grève au long cours. La direction a recensé près d'un cheminot gréviste sur deux (48%) et jusqu'à plus de trois sur quatre chez les conducteurs (77%).

Future privatisation ?

Les syndicats représentatifs (CGT, Unsa, SUD, CFDT) s'opposent à une réforme qui "vise à détruire le service public ferroviaire par pur dogmatisme idéologique". Dans leur viseur: la suppression de l'embauche au statut, l'ouverture à la concurrence et la transformation de la SNCF en société anonyme, prémices d'une future privatisation selon eux.

Ils estiment aussi que la réforme "ne réglera pas le sujet de la dette (46,6 milliards d'euros fin 2017 pour SNCF Réseau, ndlr), ni celui des dysfonctionnements".

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La CGT demande de repartir à zéro

Le mouvement se conjugue dans les airs avec la quatrième journée de grève chez Air France pour les salaires. La compagnie prévoit d'assurer 75% des vols.

Les remontrances du patron de la SNCF Guillaume Pepy ou de la ministre des Transports, fustigeant une grève "décalée" ou "incompréhensible" n'ont pas entamé la détermination des syndicats.

Malgré des modalités différentes, CGT, Unsa, SUD et CFDT sont tous lancés dans la bataille: une grève par épisode de deux jours sur cinq jusqu'au 28 juin pour CGT, Unsa et CFDT; une grève illimitée reconductible par 24 heures pour SUD-Rail.

L'exécutif doit "repartir d'une feuille blanche", "s'asseoir de nouveau" à la table des discussions, a déclaré mardi Philippe Martinez, numéro un de la CGT.

Pour la presse française, Emmanuel Macron et le gouvernement "jouent très gros" face à ce "premier os social" du quinquennat. "La guerre d'usure" est déclarée, titrent de conserve Le Parisien et Le Figaro.

D'autant que la tempête sociale ne s'arrêtera pas au rail, à Air France ou à la mobilisation des étudiants. La CGT, qui a déposé un préavis dans le secteur de l'énergie, a lancé mardi matin un mouvement dans la filière déchets (public et privé), avec des actions en Ile-de-France, dans le Nord, le Sud et l'Ouest.

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Selon des archives de l'INA, la dernière longue grève du rail semble être celle de décembre 1986 - janvier 1987.