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Ce mardi vers 14h, le rond-point Schuman à Bruxelles a vu débarquer quelque 200 bourgmestres catalans. L'objectif de ce voyage? "Expliquer [eux]-mêmes" la situation en Catalogne.


Près de 200 maires catalans se sont réunis mardi devant les institutions européennes à Bruxelles pour demander la "libération" des anciens membres du gouvernement catalan emprisonnés en Espagne à la suite de la déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne.

Sous les drapeaux catalans, les édiles se sont rassemblés entre le siège de la Commission européenne et du Conseil européen, réunis derrière une longue banderole écrite en anglais réclamant la liberté pour les "prisonniers politiques", aux cris de "Llibertat" (Liberté en catalan).

"Nous voulons que Bruxelles nous écoute et fasse sortir nos camarades de prison. ça ne peut pas se passer ainsi. Nous sommes des démocrates", a déclaré José Fuentes, maire de Pont de Molins, village de 500 habitants située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec la France.

La délégation avait quitté Barcelone dans la matinée pour la capitale belge, où se trouvent depuis huit jours le président catalan destitué Carles Puigdemont et quatre membres de son gouvernement.

M. Puigdemont et ses quatre ex-conseillers sont visés par un mandat d'arrêt européen émis par Madrid pour "rébellion, sédition, détournement de fonds".

La justice belge, avant d'étudier sur le fond cette demande de remise à l'Espagne, a décidé dimanche de les laisser en liberté surveillée, une situation qui pourrait durer plusieurs mois.

L'eurodéputé Josep Maria Terricabras, du parti indépendantiste ERC (Gauche républicaine de Catalogne) a déclaré aux journalistes que les élus municipaux avaient l'intention de rencontrer Carles Puigdemont, sans plus de précisions.

"Nous aimerions beaucoup rencontrer le gouvernement en exil, c'est le gouvernement légitime de la Catalogne, et c'est triste qu'en 2017, au sein de l'UE, nous devions prendre l'avion pour rencontrer dans un autre pays le gouvernement élu dans les urnes", a déploré Francesc Barbero, maire de Flix (3.600 habitants).

Un peu à l'écart de ce rassemblement, une quinzaine de personnes ont manifesté pour l'unité de l'Espagne, sous la surveillance des policiers belges qui assuraient la sécurité entre les deux groupes.

"Je suis une pure Catalane, née ici (en Belgique) et je viens pour l'unité de l'Espagne", a déclaré Maria Virgili, 61 ans. "Nous n'avons pas besoin d'avoir ce gâchis", a-t-elle ajouté.

A l'initiative de l'Association des municipalités indépendantistes (AMI) et de l'Association catalane des municipalités (ACM), les maires avaient prévu mardi après-midi une rencontre au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles pour "dénoncer la persécution juridique et idéologique dont sont victimes les représentants du gouvernement et du peuple catalans".

Depuis l'éviction du gouvernement catalan présidé par Carles Puigdemont, la région a été reprise en main par Madrid, en attendant la tenue d'élections le 21 décembre.

Les bourgmestres catalans tiendront une conférence de presse à 17h à Bozar, dans le centre de Bruxelles.

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