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La quatrième plus grande église du Mexique est noire de monde. Dans la vaste nef en marbre de la cathédrale de Chilapa, de vieilles femmes cherchent en vain une place sur les bancs, avant de se ranger dans les chapelles collatérales. Elles ne voient pas l’autel, mais ferment les yeux pour se concentrer sur les paroles de Monseigneur Salvador Rangel, évêque de Chilpancingo, la capitale régionale : "Prions pour les disparus, pour que les hommes de main des cartels les rendent à leurs familles."

Tous à Chilapa connaissent ce drame. Dans cette ville de 40 000 habitants, où le taux d’homicides est le plus élevé de l’Etat du Guerrero, il ne s’écoule plus une semaine sans que l’on retrouve, au bord des routes ou sur les trottoirs, des cadavres démembrés de disparus dans de grands sacs-poubelle noirs. Quatre jours plus tôt, c’est pourtant auprès des narcotrafiquants que s’est rendu Salvador Rangel afin de célébrer les sacrements.

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