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Victoire ou Trahison ? Les réactions en Ukraine sont mitigées, après le rendu d’une décision préliminaire de la Cour internationale de Justice (CIJ), à La Haye, dans une dispute entre Kiev et Moscou. 

Un verdict “positif” pour Olena Zerkal, la vice-ministre des Affaires étrangères, dans la mesure où les juges ont reconnu la Russie coupable de discrimination à l’encontre des Tatars de Crimée. La Cour a enjoint à Moscou d'annuler certaines de ses interdictions imposées à la communauté depuis l’annexion de la péninsule en 2014.

Un verdict positif aussi pour la journaliste Tetiana Kozak, qui anticipe “des années d’audiences à venir” pour prouver que la Russie soutient les forces séparatistes du Donbass. Une guerre larvée s’y déroule depuis 2014. Plus de 10.000 personnes y ont perdu la vie. La CIJ a cependant rejeté la plainte de l’Ukraine vis-à-vis de la Russie pour “financement du terrorisme”. La partie ukrainienne n’aurait pas fourni suffisamment de preuves du soutien de Moscou aux séparatistes. “Au moins, la Cour a reconnu sa jurisdiction en la matière. Nous aurons des années pour exposer notre cas”, se conforte Tetiana Kozak.

“Après trois ans de conflit, les juges hésitent encore à condamner la Russie pour la mort de milliers d’innocents. Je suis stupéfaite”, s’emporte, de son côté, la journaliste Anastasia Magazova, spécialiste de la situation dans le Donbass. La partie ukrainienne demandait, entre autres, la reconnaissance de la responsabilité russe dans le crash du Boeing MH17, le 17 juillet 2014 : 298 personnes avaient péri dans l’explosion d’un missile sol-air “BUK”. De nombreuses enquêtes avaient prouvé que celui-ci avait été acheminé de la Russie quelques jours avant le drame. “Malgré cela, ils ne nous croient pas…”, se désole Anastasia Magazova.