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"C’était une mission typique dans la région de Mossoul. Le temps était couvert. Nous avons largué trois de notre quatre bombes". Le casque toujours vissé sur sa tête, le pilote du F-16 belge donne ses premières impressions. Sa mission a duré cinq heures, durant laquelle les deux appareils de la composante aérienne belge, ont dû se réapprovisionner trois fois en kérosène en plein ciel. Il n’en dira pas plus, secret militaire oblige.

"Maintenant, j’ai trois heures de paperasse à remplir", souffle le pilote, foulant d’un pas ankylosé le béton de cette base jordanienne perdue au milieu du désert et des broussailles. Le pilote est américain, vient du Texas et vole avec les Belges dans un programme d’échange. Il est accueilli avec les honneurs, le ministre de la Défense Steven Vandeput et une délégation de députés, car il vient avec son F16 de faire franchir au contingent belge la barre des 7000 heures de vol depuis 2014.

La ville irakienne de Mossoul est désormais la principale zone où frappent les avions de la coalition internationale contre Daech. Puis vient Raqqa, le fief de l’Etat islamique en Syrie. Les six avions belges assurent 5 % de l’effort aérien dans cette guerre où pays arabes et occidentaux soutiennent par leur aviation les troupes au sol – irakiennes, kurdes et forces spéciales.

Une guerre lente de reconquête, qui pourrait durer jusqu’en septembre en ce qui concerne Mossoul, tant il est difficile de déloger les islamistes des ruelles étroites de la seconde ville irakienne. "Nous faisons tandem avec les troupes au sol", assure le général Frederik Vansina, chef de la composante Air, "nos armes tombent à une précision de 5 mètres".