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L'Iran respecte pleinement l'accord international de 2015 sur son programme nucléaire, indique dans un rapport remis au Conseil de sécurité le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, sans trancher sur la possible origine iranienne de missiles tirés sur l'Arabie saoudite. Cet accord "est le meilleur moyen d'assurer la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire de l'Iran", souligne Antonio Guterres dans ce document obtenu lundi par l'AFP et qui sera débattu par le Conseil de sécurité le 18 décembre.

Le récent refus par le président américain Donald Trump de certifier que Téhéran se conforme à ses engagements "a malheureusement créé une incertitude considérable" sur l'avenir de cet accord conclu entre l'Iran, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Mais "je suis rassuré par l'engagement des Etats-Unis à rester dans l'accord jusqu'à présent", ajoute le patron de l'ONU.

Donald Trump a renvoyé la balle au Congrès américain pour décider de réimposer ou non des sanctions à Téhéran. Une telle décision mettrait en péril l'avenir de l'accord.

Dans son rapport, Antonio Guterres dénonce à nouveau la liberté de mouvement du général iranien Ghassem Souleimani, chef du corps Qods chargé des opérations extérieures des Gardiens de la révolution (l'armée d'élite iranienne), qui "a continué à se rendre en Irak et en Syrie en dépit d'une interdiction de voyager" décrétée par l'ONU.

Il revient aussi sur plusieurs tirs de missiles par les Houthis yéménites en direction de l'Arabie saoudite. Dans un rapport récent, des experts de l'ONU ayant pu inspecter du 17 au 21 novembre des débris de ces missiles s'interrogent sur l'origine iranienne de composants de l'engin tiré le 4 novembre. "Le design, les caractéristiques et les dimensions des composants inspectés par les experts coïncident avec des éléments créés et fabriqués pour le missile (iranien) Qiam-1", notent les experts, en rappelant qu'un embargo sur les armes est en vigueur depuis avril 2015.

"Le secrétariat de l'ONU continue d'analyser les informations recueillies et en rendra compte au Conseil de sécurité en temps voulu", se borne à indiquer Antonio Guterres dans son rapport.

L'Iran a démenti toute aide matérielle militaire aux Houthis qui combattent le gouvernement yéménite, réfugié dans le sud du pays et soutenu par une coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite.