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Philippe Paquet Publié le - Mis à jour le

International

Mitt Romney a cherché à marquer sa différence, jeudi soir, dans son discours d’investiture devant la Convention républicaine réunie à Tampa, tant en exposant les grandes lignes de son programme qu’en cherchant à tourner en ridicule le bilan de Barack Obama - et à se donner dès lors, humour aidant, une dimension plus proche des gens.

" Le président Obama a promis de freiner la montée des océans et de soigner la planète ", a ainsi ironisé le candidat en se moquant des préoccupations écologistes de son adversaire démocrate. "Moi, je promets seulement de vous aider, vous et votre famille."

Le propos trahit aussi bien une approche caricaturale des grands défis qui attendent le prochain président des Etats-Unis que le souci de briser l’image négative qui colle à l’ancien gouverneur du Massachusetts depuis qu’il s’est lancé dans la course à la Maison-Blanche : celle d’un millionnaire orbitant à des années-lumière des Américains frappés par la crise.

"En Amérique, on se félicite de la réussite, on ne s’en excuse pas", a lancé Mitt Romney pour couper court aux critiques de ceux qui s’interrogent sur sa carrière. Il s’est aussi employé à montrer que l’argent était loin d’avoir été le moteur de sa vie, quand bien même sa candidature est aujourd’hui fondée sur l’aptitude à gouverner que donnerait la réussite dans les affaires, spécialement en des temps d’incertitude économique.

L’exercice a forcé Mitt Romney à lever un large coin du voile sur sa foi - confidences qu’il avait toujours été réticent à faire. Des familles frappées par la maladie et le malheur sont venues témoigner de la sollicitude que leur avait manifestée celui qui officia comme pasteur laïc au sein de l’Eglise mormone.

Ces précautions prises, le candidat pouvait plus aisément abattre son maître atout : sa longue expérience dans le secteur privé et sa connaissance du monde des entreprises qui doivent lui permettre, assure-t-il, de créer douze millions d’emplois dans un pays en proie au chômage. Alors que les Démocrates dénoncent la curée à laquelle se serait livrée Bain Capital, la société d’investissements qui fit la fortune de Mitt Romney, le candidat républicain s’est enorgueilli de succès mémorables comme le redressement de Staples, le géant de la distribution de fournitures pour bureau dont le siège est à Boston, la capitale du Massachusetts.

Le sauvetage des Jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City, la "Rome mormone", en 2002, dont Romney est aussi crédité, figurait également en bonne place dans la démonstration. En revanche, pas un mot n’a été soufflé sur la réforme de l’assurance maladie qui fut pourtant l’un des principaux faits d’armes du candidat quand il gouvernait le Massachusetts. C’est qu’elle ressemble par trop à celle que Barack Obama a introduite depuis à l’échelle du pays et que les Républicains - Mitt Romney en tête désormais - ont juré de démanteler s’ils prennent le pouvoir, le 6 novembre.

L’objectif du candidat républicain était bien évidemment de démonétiser, devant des dizaines de millions de téléspectateurs, son rival démocrate. " Vous savez que quelque chose ne va pas avec le boulot qu’il a fait en tant que Président quand vous réalisez que le meilleur souvenir qu’il vous laisse est le jour où vous avez voté pour lui ", a résumé Romney. Mardi, les Démocrates vont lui rendre la monnaie de sa pièce : leur Convention s’ouvre à Charlotte, en Caroline du Nord.

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