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Le patron des députés Les Républicains (opposition de de droite) Christian Jacob a annoncé mardi que son groupe allait déposer une motion de censure contre le gouvernement français à la suite de l'affaire Benalla.

"Nous déposons une motion de censure, nous souhaitons que le gouvernement s'explique" sur le cas d'Alexandre Benalla, ex-membre du cabinet de la présidence filmé en train de malmener des manifestants. Or "le Premier ministre a répondu à notre demande (...) par une fin de non recevoir", a affirmé M. Jacob lors d'un point de presse.

Par ailleurs, mardi aux alentours de 16h30, le directeur de cabinet du président de la République Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, 66 ans, sera auditionné sous serment à l'Assemblée nationale sur son rôle dans l'affaire. Après M. Strzoda mardi, un autre proche d'Emmanuel Macron, le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, véritable bras droit du président, sera interrogé jeudi par les sénateurs.

Selon un sondage Ipsos paru mardi, la popularité d'Emmanuel Macron pâtit de l'affaire Benalla et atteint son niveau le plus bas depuis septembre 2017. Il perd 4 points d'opinions favorables à 32%, ce qui n'était pas arrivé depuis septembre 2017. Il atteint dans le même temps 60% d'opinions défavorables (+1 point), un record d'impopularité selon le communiqué de l'institut de sondage.


Edouard Philippe accuse l'opposition de "vouloir la crise"

Edouard Philippe a accusé l'opposition, devant les députés LREM réunis à huis clos mardi matin, "de ne pas vouloir la vérité mais la crise" dans l'affaire Benalla, selon des propos rapportés par des participants.

Les oppositions "veulent nuire, nuire au président de la République, nuire au gouvernement, nuire à la majorité. Et elles vont feuilletonner pour que la polémique dure le plus longtemps possible", a déclaré le Premier ministre selon un participant, en dénonçant "l'obstruction et l'instrumentalisation politique".

"Le gouvernement et la majorité doivent y opposer sang-froid, respect des institutions et rappel des faits", a-t-il ajouté en appelant également les députés à "de la solidarité", "quand ça secoue".

Le Premier ministre, qui a remercié le groupe "de faire bloc", a par ailleurs indiqué que le président de la République "s'exprimera le moment venu" sur ce qu'il a appelé une "crise politique, parlementaire et médiatique".

A ses côtés, le chef de file de la majorité Richard Ferrand a insisté sur "la solidarité du groupe LREM qui a été mis à l'épreuve et a tenu ensemble".

"En aucun cas, il ne s'agit d'une affaire politique, encore moins d'Etat. Il s'agit de dérives personnelles, mais qui ne portent pas atteinte à nos valeurs. Ne vous privez pas de démonter les fake news et de faire prévaloir la vérité", a lancé M. Ferrand à ses pairs.

"C'était une réunion team-building" pour une majorité soumise à l'épreuve, a résumé un député LREM à la sortie.