Affaire Bettencourt: "Aucune décision" concernant un non-lieu pour Sarkozy

AFP Publié le - Mis à jour le

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Le parquet de Bordeaux a indiqué vendredi qu'il n'avait encore "pris aucune décision" sur ses réquisitions dans l'affaire Bettencourt, en réponse à des informations assurant qu'il avait requis un non-lieu en faveur de Nicolas Sarkozy, sans cependant démentir qu'il pourrait aller dans ce sens.

"Contrairement à une information rendue publique dans la soirée du jeudi 4 avril 2012, le parquet de Bordeaux n'a pris aucune décision quant à l'orientation des réquisitions qu'il sera amené à prendre dans l'information notamment suivie du chef d'abus de faiblesse au préjudice de Liliane Bettencourt", l'héritière de L'Oréal, observe dans un communiqué le procureur de La République Claude Laplaud.

Le Parisien a en effet indiqué jeudi soir sur son site, puis vendredi dans son édition papier, qu'un rapport de M. Laplaud concluant au non-lieu en faveur de Nicolas Sarkozy était arrivé "sur le bureau de la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) du ministère de la Justice". L'article figurait cependant sous le titre "non-lieu requis", comme si ces réquisitions étaient déjà officielles.

De sources proches du dossier, un rapport de M. Laplaud a bien été adressé à la Chancellerie après l'audition de l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy et sa mise en examen le 21 mars pour abus de faiblesse. Dans une note d'accompagnement, le parquet général de Bordeaux conclut en effet qu'il est vraisemblable que, concernant l'ancien chef d'Etat, le parquet sera amené à constater l'insuffisance des charges pesant sur celui-ci.

Dans son communiqué de vendredi, M. Laplaud se garde bien de démentir le fond de ces informations, faisant simplement remarquer que "la procédure, comportant plusieurs milliers de pièces, étant communiquée depuis le 28 mars 2013 (soit depuis seulement huit jours), celle-ci doit faire l'objet d'une analyse détaillée et ce n'est qu'au terme de celle-ci et dans le délai indiqué dans le précédent communiqué du 28 mars 2013 (c'est-à-dire trois, voire quatre mois, ndlr) que le ministère public se déterminera quant au sens de ses réquisitions".

Depuis la mise en examen à Bordeaux de M. Sarkozy le 21 mars, consécutive à des confrontations avec différents membres du personnel de Mme Bettencourt destinées à déterminer s'il avait pu rencontrer celle-ci, déjà affaiblie psychologiquement, pendant sa campagne, et lui soutirer de l'argent pour financer celle-ci, tout en ayant conscience qu'il s'adressait à une malade, des sources proches du dossier ont clairement indiqué à l'AFP qu'il ne semblait "rien" y avoir dans le dossier de nature à justifier un renvoi de l'ancien président devant le tribunal.

Outre lui-même, onze autres personnes sont mises en examen dans ce dossier d'abus de faiblesse.

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