International Cela fait désormais 5 mois et demi que la petite Maëlys a disparu au cours d'une soirée de mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère).

Tout est une question de timing dans cette affaire dont le principal suspect reste le très énigmatique Nordahl Lelandais. A 2h47 du matin, le véhicule de l'ex-militaire (une Audi A3) est filmé par une caméra de surveillance en provenance de la salle des fêtes et en direction de son domicile. Vers 3h24, on le voit dans l'autre sens, revenir vers la soirée. A l'aller, les enquêteurs décèlent une forme floue et blanche (de la couleur de la robe que portait la jeune fille) sur le siège passager. Au retour, plus rien n'apparaît. Surtout, l'homme de 34 ans qui affirme qu'il a effectué des allers-retours pour fournir de la drogue à certaines personnes présentes au mariage, tout en n'omettant pas de mettre son GSM en mode avion rendant sa localisation exacte impossible.

Pour le procureur, "c'est le laps de temps au cours duquel l'homicide a eu lieu". C'est justement là que tout se complique... Un cousin de la mère de Maëlys, Christopher D. l'affirme sans sourciller: "Vers 3 h 05, nous sommes allés dire au revoir à la mariée, qui était à l’entrée de la salle. Le marié était dans la salle, vers la piste de danse. En repartant pour sortir vers 3 h 10-3 h 15, j’ai croisé la petite Maëlys, qui m’a dit : 'Au revoir, le papa de Léa.' Elle était à l’intérieur."

Lors de sa seconde audition, dont le contenu est dévoilé par nos confrères du Monde, les enquêteurs lui demandent s'il est bien certain des horaires qu'il avance. Il maintient sa version en expliquant, qu'un invité lui a dit "il va bientôt être 3 heures", lorsqu'il lui a demandé l'heure. Ensuite, Christopher D. explique qu'il est resté une dizaine de minutes maximum avant de rentrer chez lui. Vivant à "entre 10 et 15 minutes du lieu de la soirée", le témoin affirme que son radioréveil indiquait 3h35 lorsqu'il s'est mis au lit.

Le témoignage de Delphine G., compagne de Christopher, va également dans ce sens. "Nous avons dit au revoir à Maëlys dans la salle ; il était 3 h 15-3 h 20. Elle ne m’a pas parlé. Elle a dit à mon copain : “Au revoir, le papa de Léa." Sûre d'elle, elle avance avoir regardé l'heure juste avant d'aller saluer les mariés, à 3 heures du matin. Comment est-il possible que la petite Maëlys se soit retrouvée aux côtés de Nordahl Lelandais, dans sa voiture, 15 minutes plus tôt à 2h47 ?

Son comportement ne plaide pas en sa faveur

Toujours est-il que le comportement et les explications très peu convaincantes du principal suspect continuent de nourrir d'intenses soupçons à son égard. Tout d'abord, il a assuré avoir activé le mode avion pour économiser la batterie de son téléphone qui était pourtant chargé à 68% d'après les enquêteurs. Aussi, il explique avoir quitté la salle quelques minutes avant l'arrivée des gendarmes pour éviter de se faire coincer avec de la cocaïne en sa possession.

Lors de sa première audition, Nordhal Lelandais affirme qu'il ne dispose que d'un seul téléphone mais omet de préciser qu'il en a un second et que c'est bien celui-ci qu'il a utilisé lors de la soirée. Il se défend en prétextant un problème de réseau. "La ligne de ce téléphone doit s’arrêter le 7 septembre, j’ai demandé la résiliation pour des fréquents problèmes de réseau. Comme j’utilise les deux lignes, j’ai donné l’autre."

Autre zone d'ombre importante, le lendemain des faits, on le voit clairement récurer sa voiture de fond en comble durant plus de deux heures. Encore une fois, l'homme a réponse à tout. "J’ai un ami qui doit me la racheter, mais pour taquiner, il me disait : “il y a ceci, il y a cela”. Je l’ai nettoyée de manière excessive pour qu’elle soit nickel." L'acquéreur confirme la version. "Ça doit faire un an que je lui dis que je vais lui acheter sa voiture. Vendredi [veille du mariage], on s’est retrouvés pour en parler. Je lui ai dit que je voulais le faire dans la semaine."

Enfin, deux autres éléments éveillent les soupçons des enquêteurs. Le premier réside dans le fait que Nordahl Lelandais présentait certaines éraflures et blessures au niveau de l'épaule, du genou et du mollet résultantes, d'après lui, du jardinage. Une hypothèse plausible selon les scientifiques qui ont assuré que "les caractères techniques macroscopiques de ces blessures ne sont pas évocateurs de lésions résultant de griffures." Il n'y aurait donc pas eu lutte, ce qui conforte la thèse du suspect.

Reste à savoir comment l'ADN de la petite Maëlys a pu se retrouver dans sa voiture, sur le bouton d'allumage des phares comme le précisent nos confrères. Pour l'ex-militaire, il s'agirait ni plus ni moins d'un transfert d'ADN puisque la fillette a manipulé son téléphone pour regarder les photos de ses chiens mais aussi parce qu'elle aurait passé quelques secondes dans sa voiture en compagnie d'un autre petit garçon... que personne n'a vu au cours de la soirée.