International Il y a un peu moins d'un an, Théo L. était interpellé par la police d'Aulnay-sous-Bois après un contrôle d'identité qui avait mal tourné. Ce lundi, les images de cette interpellation ont été rendues publiques. Pour l'avocat d'un des agents concernés, elle doivent contribuer à " invalider le récit du jeune homme".

C'est Europe 1 qui révèle au grand jour ce document inédit de près de trois minutes où l'on voit le contrôle qui précède l'interpellation et la blessure de Théo. L'année dernière, les faits avaient choqué en France où l'on dénonçait des sévices commis par les policiers sur ce jeune homme de 22 ans.

Il était en effet reproché à l'un des quatre agents d'avoir fait subir un viol à Théo à l'aide d'une matraque télescopique, ce qui avait engendré son hospitalisation durant deux semaines et de vives contestations à travers l'Hexagone.

Un document potentiellement déterminant pour l'enquête

"Cette vidéo vient invalider le récit fait par ce jeune homme" explique Me Pascal Rouiller, avocat de l'un des fonctionnaires, interrogé par nos confrères français d'Europe 1. "Tout cela va faire cesser les propos indignes qui sont portés contre la fonction de policier depuis le départ."

Peu après les faits, le jeune homme avait en effet affirmé que l'un des gardiens de la paix avait volontairement abaissé son pantalon et son caleçon, rendant plus aisé "un acte de torture". "Il a enfoncé la matraque volontairement dans mes fesses" explique-t-il.

S'il maintient ses propos sur la volonté des policiers de le violer, Théo a néanmoins changé de version par rapport aux vêtements après visionnage des images, expliquant porter un pantalon trop ample et mal attaché.

Sur les images, on constate que ses habits tombent effectivement au gré des échauffourées, tandis que le coup de matraque qui a blessé le jeune homme était un acte supposé le neutraliser.

"L’élément intentionnel du viol pas établi"

C'est ce qu'expliquent deux formateurs de la police, qui parlent d'un geste "proportionnel" et "justifié" compte tenu des circonstances, "pour créer une déstabilisation physique et maîtriser le récalcitrant", alors que le fonctionnaire qui a posé cet acte "n’avait ni la capacité, ni l’intention de percuter une zone aussi précise que l’anus".

Europe 1 a également pu consulter le rapport de l'inspection générale de la Police nationale qui établit que "si le geste du gardien de la paix est à l’origine de la blessure, l’élément intentionnel pouvant caractériser le viol n’est pas établi".

"Reste qu'il y a un geste de violence de la part d'un des policiers, sur lequel celui-ci doit s'expliquer aujourd'hui" ponctue Me. Rouiller au sujet de l'enquête qui suit son cours depuis un an, et dont les prochaines étapes seront une confrontation dans le bureau de la juge d'instruction entre les deux parties, ainsi que des examens médicaux pour déterminer les séquelles futures de Théo.