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Des milliers de militants indépendantistes catalans ont affronté la police dimanche à Barcelone après l'arrestation de l'ex-président Carles Puigdemont, sous le coup d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne, cinq mois après qu'il eut fui son pays. 

A l'appel d'un groupe radical, les Comités de défense de la République (CDR), les manifestants ont tenté d'approcher de la préfecture de Barcelone et les policiers catalans les ont contenus à coups de matraque et en tirant en l'air. Cinquante personnes ont été blessées légèrement dans les affrontements, selon le service de secours de la ville.

Brandissant des drapeaux indépendantistes, la foule a lancé des déchets et des poubelles en direction de la police, pendant qu'un cortège plus calme, convoqué par l'Assemblée nationale Catalane, défilait sur un des principaux boulevards de la métropole catalane, le Paseo de Gracia.

"Cela nous indigne qu'ils aient arrêté Puidgemont, c'est notre plus haut représentant, notre président", s'est écrié Judit Carapena, une étudiante en architecture de 22 ans. "Mais qu'ils ne chantent pas victoire ce n'est pas la fin de l'indépendantisme, loin de là."

Yolanda Salleras, une kinésithérapeute de 37 ans, a demandé quelque chose "de plus radical (...) une grève générale de plusieurs jours pour qu'ils les libèrent tous". Neuf autres dirigeants séparatistes sont incarcérés en Espagne.

D'après la radio catalane, des membres des CDR ont coupé des routes, comme ils l'avaient fait lors de deux grèves déclenchées en Catalogne après les violences policières qui ont marqué le referendum d'autodétermination interdit du 1er octobre dernier.

Carles Puigdemont, destitué et qui s'était réfugié à Bruxelles après l'éphémère déclaration d'indépendance de la Catalogne du 27 octobre, a été arrêté dans le nord de l'Allemagne, venant du Danemark voisin.

Arrêté en vertu d'un mandat d'arrêt européen, il sera présenté lundi à un juge pour confirmer son identité, a annoncé le parquet du Schleswig-Holstein. Un tribunal de ce Land aura ensuite à décider de son placement formel en détention en vue d'une remise à l'Espagne, selon le communiqué du parquet qui ne précise pas la durée de la procédure.


M. Puigdemont a été arrêté deux jours après que le juge de la Cour suprême espagnole Pablo Llarena eut décidé des poursuites pour "rébellion" contre lui et 12 autres dirigeants séparatistes. Au total, 25 dirigeants ont été inculpés vendredi, dont 12 pour des charges moins graves comme "désobéissance".

Le juge a émis ou réactivé des mandats d'arrêt européens et internationaux contre six d'entre eux en fuite à l'étranger, dont M. Puigdemont.

L'une des exilés, Clara Ponsati, inculpée elle aussi de rébellion, "prend des dispositions" pour se "livrer" aux autorités en Écosse où elle enseigne l'économie à l'université de St Andrews, a annoncé la police écossaise.

La rébellion est passible de 30 ans de prison en Espagne. Ce chef d'accusation est controversé, car il suppose un "soulèvement violent" qui, selon de nombreux juristes, ne s'est jamais produit.