International

Au moins 37 personnes, dont des enfants et une dizaine de journalistes, sont mortes lundi en Afghanistan dans une série d'attentats meurtriers à Kaboul et dans le sud du pays. Un double attentat suicide a frappé la capitale tôt lundi, faisant au moins 25 morts dont le chef photographe de l'AFP à Kaboul, Shah Marai. Huit autres journalistes ont également été tués lors de la deuxième déflagration au milieu des reporters. L'attaque visait apparemment le siège des services de renseignements afghans, le NDS, cible récurrente des insurgés.

Le groupe État islamique (EI) a affirmé être derrière le double attentat de Kaboul et a dénoncé dans un communiqué les "apostats des forces de sécurité et des médias". Les deux explosions ont fait au moins 25 morts et 49 blessés selon le ministère de l'Intérieur.

"Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière (contre des journalistes, NDLR) depuis la chute des talibans en décembre 2001", souligne Reporters Sans Frontières dans un communiqué. Il "visait sciemment la presse", estime l'ONG. Selon une source sécuritaire, le kamikaze s'était en effet glissé parmi les reporters, faussement "muni d'une caméra".

"Cette tragédie nous rappelle le danger auquel nos équipes doivent sans cesse faire face sur le terrain et le rôle essentiel des journalistes pour la démocratie", a réagi Fabrice Fries, PDG de l'AFP.

En fin de matinée, un nouvel attentat, perpétré par une voiture conduite par un kamikaze, a tué onze enfants qui s'étaient regroupés autour d'un convoi militaire de l'Otan, près de l'aéroport de Kandahar, dans le sud, a rapporté le porte-parole du gouverneur provincial, Said Aziz Ahmad Azizi.

Seize personnes ont été blessées dans cette opération, dont huit soldats roumains et deux policiers afghans.

Un reporter afghan de la BBC en pachtou a par ailleurs été tué par balles lundi à Khost dans le sud-est de l'Afghanistan, a annoncé la radio-télévision britannique à Kaboul. "C'est avec une immense tristesse que la BBC confirme la mort de notre reporter afghan Ahmad Shah à la suite d'un attentat", a indiqué la BBC dans un communiqué.

Ces deux attaques, qui n'ont pas encore été revendiquées, surviennent alors que les talibans ont officiellement lancé mercredi leur offensive de printemps, rejetant ainsi implicitement de récents appels du gouvernement afghan à entamer des négociations de paix.

Kaboul est devenue selon l'ONU l'endroit le plus dangereux d'Afghanistan pour les civils, avec depuis un an une recrudescence des attentats d'ampleur, généralement perpétrés par des kamikazes et tour à tour revendiqués par les talibans ou le groupe État islamique.

Ainsi, les attaques visant délibérément les civils ont fait deux fois plus de victimes sur les trois premiers mois de 2018 - 763 tués, 1.495 blessés - que pour la même période de 2017.

La dernière en date dans la capitale, le dimanche 22 avril, a fait près de 60 morts et 20 blessés dans un quartier à majorité chiite.

Le chef de l'ONU "indigné" par la mort d'enfants et de journalistes

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "est indigné par la série d'attentats terroristes en Afghanistan" dans lesquels ont notamment péri des enfants et des journalistes, affirme un communiqué de ses services publié lundi.

"Les attaques à Kaboul et à Kandahar ont fait de nombreuses victimes parmi les civils, les intervenants d'urgence et les écoliers", dénonce Antonio Guterres.

A Kandahar (sud), un attentat à la voiture piégée visant un convoi de l'Otan a tué 11 enfants.

"Le ciblage délibéré des journalistes dans l'attaque" menée à Kaboul "souligne une fois de plus les risques auxquels sont confrontés les professionnels des médias en menant leur travail essentiel", ajoute le patron de l'ONU dans le communiqué.

"Les responsables de tels crimes doivent être rapidement traduits en justice", demande aussi Antonio Guterres.

Un double attentat suicide revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique a frappé la capitale tôt lundi, faisant au moins 25 morts dont le chef photographe de l'AFP à Kaboul, Shah Marai, 41 ans. Huit autres journalistes ont également été tués au moment de la deuxième déflagration survenue au milieu des reporters.

A Khost (sud-est), un journaliste afghan de la BBC a par ailleurs été tué par balle.

Ces attaques surviennent alors que les talibans ont officiellement déclenché mercredi leur offensive de printemps, rejetant ainsi implicitement de récents appels du gouvernement afghan à entamer des négociations de paix.