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Au moins neuf personnes ont été tuées dimanche lors d'un attaque de plusieurs heures menée par des hommes armés d'un bâtiment officiel de Jalalabad, dans l'est de l'Afghanistan.

L'attaque a commencé en milieu de journée avec l'explosion d'une voiture piégée devant l'entrée du bâtiment de l'administration des finances de la ville. Celle-ci a "ouvert la voie à un certain nombre d'hommes armés pour y pénétrer", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouverneur de la province du Nangarhar, Attaullah Khogyani.

Des employés terrifiés ont pris la fuite tandis que les forces de sécurité affrontaient les assaillants pendant plus de quatre heures. Au nombre de quatre, armés notamment de grenades, ils ont tous été abattus selon M. Khogyani.

Abdullah Raqibi, directeur du département des finances, a indiqué de son côté que tous les employés avaient été évacués.

"Malheureusement nous avons perdu trois membres du personnel. Ils ont été tués dans l'explosion qui s'est produite à l'entrée", a-t-il dit.

L'attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

"Vers midi, un grand boum a fait trembler notre bâtiment. J'ai vu alors au moins deux hommes armés y entrer", a déclaré Qaisar, un employé de l'administration attaquée, blessé lors de l'assaut et conduit à l'hôpital central de Jalalabad.

"Mes amis ont couru se cacher tandis que j'ai sauté d'une fenêtre du deuxième étage. Je me suis cassé un bras et une jambe mais j'ai réussi à sortir du bâtiment. Certains de mes amis sont toujours coincés dedans", a-t-il témoigné pour l'AFP.

Les corps d'un policier et de huit civils, dont les trois employés du département des finances ont été amenés dans les hôpitaux de Jalalabad, a déclaré le Dr Najibullah Kamawal, chef des services de santé de la ville. Il a également fait état de 36 blessés.

Violences avant les élections

Certaines parties du Nangarhar, province à la frontière avec le Pakistan dont Jalalabad est la capitale, sont des bastions du groupe jihadiste Etat islamique mais les talibans y sont également actifs.

Cette nouvelle attaque intervient quelques jours après un double assaut apparemment coordonné contre des commissariats de police à Kaboul, qui a fait 10 morts. Le premier avait été revendiqué par le groupe EI et le second par les talibans.

Après une relative diminution de la violence dans Kaboul en février et mars, les extrémistes y ont multiplié les attaques, notamment contre les centres d'enregistrement électoraux avant les législatives prévues en octobre.

Le groupe EI avait déjà revendiqué le double attentat suicide dans la capitale afghane qui avait tué au moins 25 personnes le 30 avril, dont le chef photographe de l'AFP Shah Marai ainsi que huit autres journalistes.

Les talibans ont récemment lancé leur offensive de printemps, multipliant les assauts contre les forces de sécurité afghanes, en ce qui s'apparente à un rejet tacite d'une récente offre de pourparlers de paix de la part du président Ashraf Ghani.

Cette offensive, nommée Al Khandaq, vise à "écraser, tuer et capturer les envahisseurs américains et leurs partisans", avaient indiqué les insurgés fin avril.