International Huit ans après les faits, la militante Solveig Halloin a porté plainte pour viol à l’en­contre de Philippe Caubère et revient sur les détails glaçants. Le comédien français nie les faits.

Elle se confie au Parisien sur les violences qu'elle a subies et sa difficulté à prendre la parole: "Cela fait des années que je veux porter plainte, j'ai franchi plusieurs étapes de reconstruction pour y arriver. La société verrouille cette parole de mille façons et cela continue après le dépôt de plainte. C'est le courage des autres femmes qui me porte, et c'est parce que je dois éviter qu'il puisse continuer à agir".

Ce jeudi, elle a été entendue par la police de Toulouse pendant plus de cinq heures.

Elle est convaincue que l'acteur a agressé d'autres victimes. "Plusieurs d'entre elles m'ont déjà contacté suite à ma plainte, il appartient à chacune de décider de témoigner. Les lire est pour moi un immense soulagement en même temps qu'une peine. J'espère de tout mon être que beaucoup trouveront le courage de témoigner, de façon anonyme ou pas, en portant plainte ou pas."

Le récit des femmes violentées lui a donc permis de comprendre que son vécu n’est pas un cas isolé. C'est ce qu'elle a découvert grâce au mouvement Femen dont elle s'est éloignée : "Le langage « Femen » est un mode opératoire d’autodéfense féministe parmi des milliers d’autres. Je n’ai pas « quitté » le combat de dignité des femmes, je ne le quitterai jamais, il est le seul qui me reste", souligne-t-elle.

Une manipulation et une violence totales

Solveig Halloin avait beaucoup d'admiration pour le comédien "et cette admiration était un terrain propice à une manipulation de sa part".

"Sa manipulation a été totale, il a usé de techniques de harcèlement moral très précises qui ont cassé mon intégrité: dévalorisation, culpabilisation, menaces de mort, volonté de m'isoler, chaud\froid, victimisation permanente...", se confie-t-elle. "Il utilisait les mots du registre affectif pour nommer ses gestes d'une violence totale, ce procédé pervers m'a détruite. Il m'appelait "Salope, maman!" quand il était en train de m'anéantir."

Philippe Caubère, qui reconnaît une relation consentie, a porté plainte pour diffamation contre sa victime présumée.