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Jets de boules de pétanque, coups de planche : des témoins ont eu recours à tous les moyens possibles pour arrêter l'homme qui a blessé dimanche soir à Paris sept personnes, dont quatre grièvement, au bord du canal de l'Ourcq.

Peu avant 23H00, un homme, muni d'une arme blanche et d'une barre de fer, a attaqué plusieurs passants dans le nord de la capitale.

"Je vois le mec avec un couteau qui essaye d'agresser des gens. Premier réflexe : je cours derrière lui, mes copains m'ont suivi. On commence à le +fusiller+ avec des boules, des boules de pétanque", raconte à l'AFP lundi Hamani Bouadjema.

L'agresseur a fui, courant sur une "quinzaine de mètres, il commençait à perdre un petit peu l'équilibre", poursuit le témoin qui jouait à la pétanque.

Puis son ami Smaïn "a ramassé une planche par terre, il est arrivé et lui a mis un coup de planche sur la main dans laquelle il avait le couteau. Il lui a sauté sur la main qui tenait le couteau. On l'a maîtrisé, on a sauté sur lui, on l'a mis au sol", détaille Hamani Bouadjema.

Selon lui, l'homme avait "l'air drogué" : "Il avait l'air sous l'effet de quelque chose. En tous cas, il n'était pas normal, il avait le regard vide."

"Rien qui est sorti de sa bouche ! Même quand on le tapait il n'a même pas fait +Aïe+ ! C'est pour vous dire ! Il n'y avait aucun mot ! A la fin quand on l'a interpellé on a essayé de lui dire pourquoi t'as fait ça ? Il ne répondait pas. Rien. Il ne parlait vraiment pas", conclut-il.

Youssef Najah, un autre témoin qui marchait sur le quai de Loire l'a vu "avec un couteau de 25-30 cm à la main. Une vingtaine de personnes le poursuivaient, lui jetaient des boules de pétanque. Il a pris 4, 5 boules sur la tête, mais ils ne sont pas arrivés à l'arrêter".

L'homme s'est ensuite engouffré dans une impasse. "Il a essayé de se cacher derrière deux touristes anglais qui marchaient dans l'impasse".

Selon ce témoin, l'agresseur qui avait "le regard vide" et "l'air d'un toxicomane", a été maîtrisé ensuite "par quelqu'un qui n'était pas un policier".

Les témoins l'ont effectivement décrit comme "déambulant le regard hagard", rapporte une source proche de l'enquête.

Le suspect, a priori de nationalité afghane, se trouvait en garde à vue et hospitalisé lundi. Selon une source proche de l'enquête, rien ne permet "à ce stade" de retenir le caractère terroriste de ces agressions.