International

Elle aussi victime d'attouchements devant la gare de Cologne le 31 décembre, Caitlin est sauvée par un réfugié syrien et ses amis. Elle témoigne. 

La soirée du 31 décembre à Cologne restera à jamais gravée dans la mémoire de beaucoup comme un véritable cauchemar. Mais au milieu de ce triste et horrible événement, une belle histoire qui se termine bien entre une jeune fille et un Syrien de 32 ans.

Sauvée par un réfugié et ses amis

Caitlin Duncan est américaine et étudie les neurosciences. Le soir de la Saint-Sylvestre, elle fêtait le réveillon avec son petit ami devant la gare de Cologne en Allemagne. Soudain, elle se retrouve séparée de son compagnon dans les débordements et encerclée par une dizaine d'individus. " Plusieurs d’entre eux ont essayé de m’embrasser au visage et dans le cou. Je me suis alors mise en mode survie en donnant des coups de pieds et coups de poings jusqu’à ce que je puisse me délivrer", raconte-t-elle au New York Times. Très effrayée, la jeune femme était sans téléphone, c'était son petit ami qui l'avait sur lui. Elle cherche à rejoindre les forces de l'ordre, mais impossible de lui venir en aide dans toute cette cohue. C'est alors qu'un homme s'approche d'elle et lui propose son aide.

Originaire de la ville d'Alep en Syrie, Hesham Ahmad Mohammad, père de deux enfants, était instituteur. Il a fui en 2014 le régime de Bachar al-Assad. Avec ses amis également candidats à l'asile, il propose à Caitlin de lui payer un taxi pour qu'elle aille se réfugier chez ses beaux-parents. Le Syrien lui propose également d'appeler son compagnon, mais elle ne connaît pas son numéro. Alors, elle réussi à convaincre toute la petite bande de former une sorte de cordon de sécurité autour d'elle pour la mener à son petit ami, qu'elle retrouve sans heurts à l'intérieur de la gare.

"Les gens biens, on en entend jamais parler"

Comme beaucoup d'autres femmes, Caitlin n'avait pas réalisé l'ampleur de cet événement. Ce n'est que quelques jours plus tard, dans la presse, qu'elle découvre qu'elle était loin d'être la seule ce soir là à subir des agressions sexuelles. Plus de 500 plaintes ont en effet été déposées depuis.

Interrogé également par le New York Times, Hesham Ahmad Mohammad revient sur cette fameuse soirée. Il explique avoir senti un réel sentiment d'insécurité dans cette foule. Pour lui, ces hommes "avaient perdu la tête". Il s'inquiète de l'impact de ces événements pour dans le futur : " Toute la journée, dans les journaux et à la télévision, on entend que les réfugiés sont de mauvaises personnes, qu'ils doivent rentrer chez eux. Ça me rend triste. On sait qu'il y a de mauvaises graines, des personnes mal intentionnées. Mais ceux qui se comportent comme il faut, les gens biens, on en entend jamais parler." Le réfugié syrien se dit très heureux d'avoir aider quelqu'un ce soir-là, mais aussi d'avoir de nouveaux amis en Allemagne. Le couple germano-américain a en effet gardé contact avec le sauveur et ses amis.