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L'affaire suscite une forte émotion en Allemagne. Une centaine d'agressions sexuelles ont été commises la nuit du Nouvel an à Cologne. Elles sont attribuées à des "jeunes apparemment d'origine arabe". Ces agressions sont attribuées à des groupes de 20 à 30 jeunes hommes ivres qui ont encerclé leurs victimes en profitant de la foule rassemblée autour de la cathédrale et de la gare centrale de Cologne. Mais la police a aussi signalé des dépôts de plaintes à Hambourg et Stuttgart.

Certaines des victimes ont fait part dans la presse des harcèlements subis.

"Nous nous apprêtions à partir et c'est là qu'un groupe d'une dizaine, vingtaine, trentaine de jeunes hommes étrangers s'en est pris à nous", a raconté une jeune femme sur le plateau de la chaîne d'information télévisée en continu N-TV. "Ils se sont mis à nous agresser, nous prenant l'entre-jambe, touchant nos décolletés, sous les manteaux", a-t-elle précisé, ajoutant que "seules les femmes" étaient visées et faisant également état de vols.

Dans Der Spiegel, Anne, qui a débarqué à Cologne à 22h en provenance de sa ville d'Erftstadt, explique que, dès son arrivée à la gare, elle s'est sentie "mal à l'aise" face aux nombreux hommes qui la regardaient comme dans une foire aux bestiaux.

Egalement dans l'enceinte de la gare, Eveline, 24 ans, a elle été victime d'attouchements. "Je portais une jupe jusqu'au genou. Tout à coup, j'ai senti une main sur mes fesses, sous la jupe", décrit-elle dans Bild.

Linda, toujours dans Der Spiegel, assure qu'elle a vu des femmes tomber au sol et être tirées par les jambes. "J'ai même vu qu'une femme se faisait retirer la culotte."

Dans le métro également, les choses ont mal tourné. Une victime raconte avoir senti des doigts se poser sur tout son corps, s'arrêtant particulièrement sur certains orifices. Elle dit avoir crié au secours mais n'avoir rencontré que les sarcasmes de ses agresseurs qui ont tenté de lui retirer sa veste et de lui voler son téléphone.

Johanna, 17 ans, et Isabel, 16 ans, ont été harcelées de façon similaire à Hambourg, au marché de Noël. Les lycéennes expliquent : "Ils sont arrivés par derrière, nous ont poussées. Nous étions en panique. Ils nous ont touchées partout. Dès que nous repoussions une main, une autre se posait sur nous, sur les seins, les fesses."

Dans un pays où l'afflux de réfugiés a parfois suscité de vives tensions ces derniers mois, les autorités, sans vouloir minimiser l'importance de ces événements "intolérables", selon l'expression de la maire de Cologne, ont cherché à éviter toute stigmatisation.

La chancelière Angela Merkel a téléphoné mardi après-midi à la maire de Cologne Henriette Reker et lui a fait part de "son indignation face à ces actes de violence insupportables et à ces agressions sexuelles".


Les agressions massives de Cologne "pourraient avoir été organisées"

Les agressions sexuelles perpétrées à grande échelle à Cologne le soir du Nouvel An pourraient avoir été organisées, a indiqué le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas, sur la chaîne télévisée ZDF mercredi. "Le tout semble avoir été coordonné", a-t-il dit. Quelques 90 plaintes pour agressions sexuelles et un viol ont été enregistrées à la suite de la Saint-Sylvestre dans la ville de l'ouest de l'Allemagne. Les agressions se sont produites vers minuit autour de la gare de Cologne, mais également à Hambourg, où 27 plaintes ont été déposées.

Pour le ministre de la Justice, il est peu probable que ces événements se soient produits par hasard.

La police a annoncé mercredi avoir trois suspects dans son viseur, sans donner plus d'informations.

Par ailleurs, la maire de Cologne, Henriette Reker, était sous le feu des critiques mercredi après avoir conseillé aux femmes de garder leurs distances et de rester groupées. Twitter s'est rapidement emparé de sa formule sous le hashtag #EineArmlaenge ('à distance d'un bras'). Ses détracteurs estiment qu'elle devrait focaliser son action sur le renforcement de la sécurité et l'interpellation des agresseurs, plutôt que de blâmer les victimes.

Se basant sur les témoignages, la police estime que les suspects sont des hommes d'apparence nord-africaine, a indiqué mardi le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière. Mais peu de détails sont connus sur l'identité des assaillants et il n'est pas avéré qu'il s'agisse de demandeurs d'asile, soulignent différents médias allemands.

Les événements créent néanmoins le malaise dans le pays, qui a accueilli un million de réfugiés en 2015. Plusieurs personnalités politiques ont exprimé leur crainte de voir apparaître des amalgames, comme n'hésitent pas à le faire le mouvement anti-islam Pegida et le petit parti d'extrême droite AfD.