Ahmadinejad provoque un incident à l'ONU

AFP Publié le - Mis à jour le

International

Parlant à la tribune des attentats qui ont fait quelque 3.000 morts en 2001, M. Ahmadinejad a évoqué une théorie selon laquelle "des éléments à l'intérieur du gouvernement américain ont orchestré l'attentat pour inverser le déclin de l'économie américaine et de son emprise sur le Moyen-Orient de manière à sauver le régime sioniste" (Israël, ndlr).

Les délégations occidentales ont immédiatement quitté la salle et Washington a condamné des propos "détestables et délirants".

Malgré l'incident, les relations entre l'Iran et les pays occidentaux semblaient se réchauffer, les deux parties semblant prêtes à reprendre langue sur la question du programme nucléaire iranien.

Montant à la tribune de l'ONU quelques heures avant son homologue iranien, M. Obama avait affirmé qu'une solution diplomatique était toujours possible dans ce dossier, malgré les nouvelles sanctions adoptées à l'ONU en juin.

"Les Etats-Unis et la communauté internationale essaient de résoudre leurs différends avec l'Iran, et la porte reste ouverte à la diplomatie, si l'Iran choisit de l'emprunter", a-t-il dit.

"Mais le gouvernement iranien doit démontrer son engagement clair et digne de foi, et confirmer au monde la nature pacifique de son programme nucléaire", a prévenu le président américain.

Sur une chaîne de télévision japonaise, M. Ahmadinejad a lui-même dit que "les préliminaires sont en préparation" et que des "discussions se tiendront probablement en octobre" avec les six puissances qui soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de la bombe nucléaire sous couvert d'un programme civil.

Le groupe des Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) avait dit mercredi souhaiter trouver "rapidement une solution négociée complète et de long terme" avec Téhéran.

C'est la partie iranienne qui a demandé aux Six de reprendre les pourparlers, ce qu'ils ont accepté, a assuré le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

M. Obama a par ailleurs appelé la communauté des nations à soutenir ses efforts pour mettre fin au conflit au Proche-Orient et forger un traité de paix.

"Si nous faisons cela, quand nous reviendrons ici l'année prochaine, nous pourrions avoir un accord qui nous mènera à accueillir un nouveau membre des Nations unies: un Etat de Palestine indépendant, vivant en paix avec Israël", a déclaré le président.

Le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont tenu deux séries de discussions sous la houlette des Etats-Unis au cours du mois écoulé.

Mais M. Abbas a menacé de quitter les discussions si Israël ne reconduit pas son moratoire sur la colonisation en Cisjordanie.

M. Obama a explicitement parlé d'un "Etat juif d'Israël", une concession apparente aux autorités israéliennes, mais il a aussi demandé une reconduction du moratoire sur la colonisation en Cisjordanie.

"Nous nous félicitons de ce que le président Obama a dit, en particulier son appel à un arrêt des activités de colonisation", a réagi le président palestinien Mahmoud Abbas.

Ashton: Les propos d'Ahmadinejad sur le 11/09 "scandaleux et inacceptables"

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a jugé vendredi "scandaleux et inacceptables" les propos du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à l'ONU sur un "complot" américain dans les attentats du 11 septembre 2001. Les affirmations du président iranien sont "scandaleuses et inacceptables", a souligné Mme Ashton. "C'est pour cette raison que tous les représentants des 27 nations de l'UE sont sortis de la salle de l'Assemblée générale des Nations unies", a expliqué Mme Ashton. "Au nom de l'UE, je voudrais exprimer ma solidarité avec les familles et les amis de ceux qui ont été tués ou blessés au cours des attentats du 11-septembre", a-t-elle ajouté.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a évoqué jeudi devant l'Assemblée générale de l'ONU un "complot" américain dans les attentats du 11 septembre 2001, provoquant le départ immédiat des délégations des Etats-Unis et de l'Union européenne de la salle.

Mme Ashton est censée mener au nom du groupe des Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) les négociations avec Téhéran sur le programme nucléaire iranien controversé.

Les négociations pourraient reprendre dès cet automne, malgré cette nouvelle provocation du président iranien. Sur une chaîne de télévision japonaise, M. Ahmadinejad a lui-même dit que "les préliminaires sont en préparation" et que des "discussions se tiendront probablement en octobre" avec les six puissances qui soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de la bombe nucléaire sous couvert d'un programme civil.

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