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La chancelière allemande Angela Merkel et sa coalition sont parvenues dimanche à un accord sur la nouvelle affectation du chef du renseignement intérieur, dont la promotion à un poste de secrétaire d'Etat avait suscité de vives critiques, a annoncé le ministre de l'Intérieur Horst Seehofer.

Hans-Georg Maassen, 55 ans, démis de ses fonctions cette semaine après avoir été accusé de collusion avec l'extrême droite, sera nommé représentant spécial pour la sécurité intérieure, a annoncé M. Seehofer.

Cette nouvelle fonction ne représente pas une promotion en terme de salaire ou de statut. Démis ses fonctions mardi, M. Maassen avait d'abord été affecté dans la foulée à un poste plus élevé, et mieux payé : celui de secrétaire d'Etat à la Sécurité auprès du ministre de l'Intérieur.

Avec cette promotion-sanction, la chancelière et ses alliés, la CSU bavaroise et les sociaux-démocrates du SPD, avaient espéré alors clore un feuilleton qui avait paralysé pendant plus d'une semaine l'action du gouvernement.Le SPD réclamait la tête de M. Maassen, accusé de sympathies avec l'extrême droite et d'avoir remis en cause l'existence de "chasses" aux étrangers dans les rues de Chemnitz (Saxe) fin août. De son côté, Horst Seehofer, en désaccord avec la politique migratoire de Mme Merkel, défendait le chef du renseignement. Mais ce fragile compromis a été critiqué de toutes parts, et notamment au sein du SPD, accentuant la pression sur la patronne des sociaux-démocrates, Andrea Nahles, qui avait accepté cet accord. 

Sur le plan politique, la crise ouverte autour de M. Maassen n'a été qu'une nouvelle illustration de l'affaiblissement politique croissant de la chancelière, dont le mandat en cours à la tête du gouvernement s'annonce comme le dernier. Sa coalition a connu les pires difficultés à voir le jour. Et Angela Merkel apparaît depuis continuellement tiraillée entre le SPD, entré à reculons au gouvernement, et la CSU qui ne cesse de contester sa politique migratoire.