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La chancelière Angela Merkel, engagée dans un bras de fer avec l'aile droite de sa coalition sur la politique migratoire de l'Allemagne, a lancé mardi des signes d'apaisement en direction de son allié bavarois qui semblait lui aussi prêt à une détente. "Notre destinée est commune", elle a "démontré notre force et la démontrera à l'avenir aussi", a martelé la chancelière, selon des participants à une réunion parlementaire des conservateurs, interrogés par l'AFP.

Angela Merkel faisait référence à l'alliance historique scellée après guerre entre son parti conservateur l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et le parti frère bavarois CSU, avec lequel elle est pourtant en conflit aigu au point de menacer son gouvernement .

Un haut responsable de la CSU, Alexander Dobrindt, a également évoqué une "destinée commune" des deux partis frères. "Notre objectif, c'est que cela reste ainsi", a-t-il assuré.

Le ministre de l'Intérieur et chef de la CSU, Horst Seehofer, qui a eu des échanges musclés avec la chancelière sur le dossier migratoire, a exclu mardi que la coalition gouvernementale CDU/CSU et sociaux-démocrates (SPD) puisse voler en éclat.

Depuis plus de deux semaines, la chancelière s'oppose frontalement à M. Seehofer sur l'accueil de nouveaux migrants, bien que le nombre d'arrivées en Allemagne soit aujourd'hui sans commune mesure avec l'afflux de plus d'un million de personnes en 2015 et 2016.

Partisan d'une ligne dure, M. Seehofer lui a fixé un ultimatum pour qu'elle trouve une solution avec ses partenaires européens lors du prochain Conseil, jeudi et vendredi à Bruxelles.

Dans le cas contraire, il menace de refouler au delà de la frontière allemande tous les migrants déjà enregistrés dans un autre pays de l'UE. Mme Merkel refuse toute décision unilatérale de l'Allemagne et souhaite privilégier des accords bilatéraux ou multilatéraux avec les pays par lesquels les migrants entrent dans l'UE, comme l'Italie.

La cheffe du SPD Andreas Nahles a appelé les deux alliés conservateurs à mettre un terme à leurs dissensions qui "paralysent le travail politique dans son ensemble".

Angela Merkel devait retrouver mardi soir les dirigeants de la CSU et du SPD pour une réunion consacrée notamment à ce différend mais aussi aux propositions de budget de la zone euro émises par le président français Emmanuel Macron.