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Le procès s'est ouvert devant la cour d'assises de Paris à la suite d'une plainte déposée en 1987 par les "chasseurs de nazis", Serge et Beate Klarsfeld, pour l'envoi vers les camps de la mort, le 31 juillet 1944, de 345 enfants juifs de France dont les parents avaient déjà été déportés. Au tribunal de Paris, parmi le public, on a remarqué la présence de Rolf Holtfort, procureur allemand à la retraite. Il représentait le ministère public lors du procès à Cologne (Allemagne), en février 1981, de complices de Brunner. Le magistrat a été invité à assister au procès français par Serge Klarsfeld, dont le père a été arrêté et déporté sur ordre de Brunner, à Nice (sud), le 30 septembre 1943. "D'habitude, même pour l'avocat général, la perpétuité est une souffrance. Tout à coup, étrangement, il y a dans cette idée de perpétuité une joie sans mélange", a déclaré l'avocat général Philippe Bilger, devant la cour composée de seulement trois magistrats professionnels, siégeant sans juré ni témoin. "Dans ces 50 volumes, c'est la mort qui dégouline et la détresse qui imprègne ces feuillets", a-t-il martelé, en s'adressant aussi au public présent dans la salle, au sein duquel de nombreux membres de l'association des Fils et filles des déportés juifs de France (FFDJF) dont Serge Klarsfeld est le président.

Avant l'ouverture de l'audience, une quinzaine de membres de cette association s'étaient rassemblés devant le palais de justice en montrant des photos d'enfants déportés. "Honte à Assad qui protège le criminel nazi Brunner", pouvait-on lire sur une des pancartes, faisant allusion au possible droit d'asile accordé par Bachar Assad, le président syrien, à Aloïs Brunner qui aurait 89 ans en avril s'il était prouvé qu'il est en vie. (AFP - BELGA)

© La Libre Belgique 2001