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Le parquet de Paris a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête pour "menaces ou actes d'intimidation contre l'autorité judiciaire" et "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique" après les accrochages lors des perquisitions au siège de la France insoumise (LFI) et chez son leader Jean-Luc Mélenchon.


Ce mardi, Jean-Luc Mélenchon dénonçait la perquisition qui se déroulait chez lui. Il en a profité pour diffuser en direct la procédure et déclarait être victime d'une agression, symbole, pour lui, de ce qu'était "le Macronisme".


Un peu plus tard dans la matinée, changement de décor. Au siège de la France insoumise, près de la Gare du Nord à Paris, la scène est cette fois filmée par un journaliste de Libération. "Enfoncez la porte, camarades !", crie Mélenchon à ses proches, pour tenter d'entrer dans les locaux de La France Insoumise, où les policiers mènent une autre perquisition. Pendant plusieurs minutes le groupe fait le forcing devant des policiers impassibles.

Une porte s'ouvre finalement de l'autre côté du palier. On entend un cri: "On pousse !" et les députés Insoumis envahissent les locaux. Trois journalistes parviennent à s'introduire dans la pièce au milieu des cris, Jean-Luc Mélenchon interpelle le représentant du parquet et les policiers.

"Vous me perquisitionnez depuis quatre heures chez moi. Vous avez été prendre neuf personnes à domicile, vous envahissez deux sièges politiques. Je suis le président d'un groupe d'opposition. Vous n'avez pas à me traiter de cette manière. Je n'ai pas volé de cigarettes !", a-t-il alors déclaré.

"Nous menons des opérations de police judiciaire dans un cadre légal", répond le parquetier.

Sur des images diffusées dans la soirée dans l'émission "Quotidien", M. Mélenchon pousse le parquetier ainsi qu'un policier qui s'interpose.

Dans une autre séquence filmée au moment où les Insoumis forcent l'entrée des locaux, un policier semble plaquer au sol un membre de LFI avant de se relever. Le député Alexis Corbière hurle alors : "Vous vous calmez ! Vous l'avez étranglé". "Je suis député moi monsieur", en levant le doigt vers le policier.

"J'ai été violenté, agressé"

Une fois les policiers partis, les Insoumis, pour certains sous le choc improvisent une conférence de presse dans la rue, tandis que des sympathisants appelés à la rescousse crient "Résistance".

"On m'a empêché d'assister à la procédure administrative alors que je suis le responsable légal de la France insoumise, je n'ai pas pu assister aux opérations (...) Aucun PV ne m'a été proposé à être signé", dénonce Manuel Bompard, coordinateur des campagnes de LFI.


"Un policier m'a attrapé par le cou, attrapé par le bras, m'a tiré. Ce policier, sa hiérarchie est venue en lui disant 'calme-toi'. J'ai été violenté, agressé (...) Ce qui s'est passé est inacceptable", accuse le candidat aux européennes, affirmant qu'il va "porter plainte au commissariat pour les coups qui (lui) ont été portés".

S'exprimant à son tour, Jean-Luc Mélenchon prend à témoin la foule et les journalistes. Derrière lui, le député Alexis Corbière, dénonçant une "agression politique intolérable", a l'air au bord des larmes.

"Nous sommes des honnêtes gens, nous ne participons à aucun trafic, nous n'avons rien à cacher !", clame M. Mélenchon en promettant de publier toutes les factures de sa campagne.

Et regardant la caméra, il traite le président Emmanuel Macron de "petit personnage" avant de s'en prendre à la ministre de la Justice Nicole Belloubet, rectrice à l'époque où M. Mélenchon était ministre délégué à l'Enseignement professionnel: "Mme Belloubet (...) vous devriez avoir honte de ce que vous êtes en train de me faire. Parce que vous m'avez connu comme votre ministre, vous m'avez connu autrefois il y a longtemps comme votre ami. Ce que vous êtes en train de faire est une honte!".

"Une attitude inadmissible"

"Il a les mêmes arguments que Marine Le Pen, ça devrait commencer à l'interroger", a réagi sur RTL M. Griveaux, le porte-parole du gouvernement, pour qui "il est inadmissible en France de mettre en cause l'indépendance de l'autorité judiciaire".

"On n'est pas à Caracas, on n'est pas au Venezuela, même si je sais qu'il a une fascination pour ce pays et pour la manière dont l'état de droit est réglé au Venezuela. Ici on est en France; l'indépendance de la justice, elle est totale", a ajouté le porte-parole du gouvernement.

"Ça devrait l'interroger de se faire applaudir par les députés du Rassemblement national, anciennement Front national, qui n'ont changé que le nom et qui ont gardé le fond", a-t-il insisté.

Sur France 2, le nouveau secrétaire d'Etat à la Jeunesse Gabriel Attal, a estimé qu'"au fond, ce que fait Jean-Luc Mélenchon, c'est l'éloge de l'impunité pour les puissants". "Je ne suis pas pour le retour des privilèges", a-t-il ajouté.

"M. Mélenchon doit comprendre que les règles sont les mêmes pour tous, qu'on soit élu et qu'on ne soit pas élu", a abondé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur Radio classique. "Ce qui me choque, c'est que M. Mélenchon puisse dire que sa personne est sacrée et que son site et son parti seraient inviolables par la justice", a-t-il ajouté.