International Voici tout ce que le futur président a promis durant sa campagne. Tiendra-t-il ses promesses?

Politique étrangère: America first

Isolationnisme. Si Obama espérait redorer la réputation internationale des Etats-Unis, Donald Trump, lui, n’est pas là pour se faire des amis. Le futur président voudrait moins contribuer à la défense de ses alliés et prône une politique étrangère moins interventionniste. Même s’il promet en même temps de bombarder les puits de pétrole de Daech et de résoudre le conflit israélo-palestinien “en deux semaines” . Quant au leader de l’Iran – à qui Trump s’adressera avec un “hé bébé” – il pourra dire adieu à l’accord nucléaire.

Dirigeants contestés. Mais le milliardaire se rapprocherait bien du Russe Vladimir Poutine, qu’il qualifie de “leader talentueux” . Et déplore la chute de l’ex-président égyptien Hosni Moubarak. Donald Trump a aussi exprimé son admiration pour le dictateur nord-coréen, proposant une réouverture du dialogue entre les deux pays et le retrait des troupes américaines de Séoul.


Commerce: le protectionnisme comme mot d’ordre

Vengeance. “L’Amérique a ouvert ses marchés à la Chine mais la Chine n’a pas rendu la pareille” , ne cessait de fustiger Donald Trump qui entend renégocier tous les accords commerciaux signés avec ce partenaire.
Et surtout, il compte bien qualifier Pékin de “manipulateur de monnaie” , mettant le doigt sur la sous-évaluation du yuan.

Barrières tarifaires. De façon générale, le milliardaire voudrait imposer des taxes – 45 %, avait-il déclaré dans un premier temps avant de redescendre à 35 % – sur les produits chinois, japonais et mexicains. Il s’est fait l’ennemi numéro un des accords de libre-échange, dont le TTIP qui est en cours de négociation avec l’UE. Il est même allé jusqu’à évoquer une possible sortie des Etats-Unis de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui est, à ses yeux, “un désastre” .


Immigration: murer les Etats-Unis

Briques. “I will build a wall.” Tel est le leitmotiv de la campagne de Donald Trump qui a fait de l’immigration son cheval de bataille. En plus d’ériger un rempart entre le Mexique et les Etats-Unis sur plus de 1 600 km, le milliardaire entend tripler le nombre de policiers à la frontière afin de s’assurer que les Mexicains – des “violeurs” et des “criminels” , selon lui – ne passeront plus.

Incohérences. L’expulsion, sans exception, des 11 millions de sans-papiers figure aussi dans son agenda. Si le futur président a, pendant un moment, modéré ses propos sur le sujet, il a finalement proposé tout un arsenal répressif contre l’immigration clandestine. Donald Trump promet également d’interdire aux musulmans d’entrer sur le territoire américain, ne s’arrêtant pas sur des “détails” tels que l’illégalité d’une telle décision.


Emploi: rapatrier les jobs

Indépendance. “Je serai le président de l’emploi le meilleur que Dieu ait jamais créé” , a promis Donald Trump lorsqu’il a annoncé sa candidature à la Maison-Blanche. Comment ? D’abord, le magnat de l’immobilier se dit totalement affranchi du “contrôle des lobbies et des intérêts spéciaux” grâce à sa richesse.

Taxation. Ensuite, le Républicain estime avoir trouvé la recette pour ramener tous les emplois délocalisés aux Etats-Unis : des taxes, encore des taxes, rien que des taxes pour les entreprises ayant quitté le sol américain. Ford, par exemple, qui vient d’ouvrir une usine au Mexique, se verra infliger des tarifs douaniers si prohibitifs qu’il ne pourra plus vendre ses produits aux Etats-Unis. Ces mesures profiteront même aux communautés noires, promet Donald Trump, et notamment à Detroit, la ville en faillite qu’il compte reconstruire.


Environnement: le réchauffement climatique? Une invention

Complot. La fonte des glaciers, les records de chaleur, l’acidification des océans… Donald Trump n’y voit que la main des Chinois, qui auraient inventé de toutes pièces le lien entre les activités humaines et ces phénomènes afin de “pénaliser l’industrie américaine” . Bref, le réchauffement climatique c’est juste… de la “météo” selon le futur président. Pas de raison de paniquer, donc.

Parexit. Et pas de raison de respecter les engagements environnementaux des Etats-Unis et notamment l’accord de Paris sur le climat qui “donne à des bureaucrates étrangers le contrôle sur la quantité d’énergie que nous pouvons consommer dans notre pays” , a-t-il précisé, estimant, par ailleurs, que les efforts pour limiter le changement climatique vont “tuer l’emploi et le commerce” .


Santé: un lecteur soumis à la loi du marché

Donaldcare. Le président républicain dédiera sa première journée derrière le bureau ovale à supprimer l’Affordable Care Act, système de santé que Barack Obama a construit de toutes pièces à la sueur de son front. Anciennement partisan d’un système “à l’européenne”, Donald Trump veut abroger l’obligation de souscrire à une assurance individuelle et remplacer l’Obamacare par “quelque chose d’énorme”, à savoir un système d’assurance privé national.

Concurrence. Ce dernier sera d’ailleurs “plus abordable et plus accessible”, promet-il. Et quoi de mieux que la concurrence pour faire baisser les prix ? Les assurances pourront désormais se vendre dans plusieurs Etats. La même recette sera appliquée aux prix des médicaments puisque le milliardaire compte autoriser l’importation de remèdes sous ordonnance.


Fiscalité: la grande révolution

Révolution. Réduire de sept à trois le nombre de tranches du barème de l’impôt sur le revenu, baisser les taux d’imposition des entreprises de 35 % à 15 % et simplifier la fiscalité. Tels sont les ingrédients de la “plus grande révolution fiscale depuis la réforme de Reagan” concoctée par Donald Trump pour libérer la croissance.

Une pensée pour les familles. Aussi, le futur président a juré croix de bois croix de fer qu’il supprimera les droits de succession – ou “l’impôt sur la mort”, comme diraient les Républicains. Et que les frais pour la garde des enfants seront entièrement déductibles. Des mesures qui ne risquent toutefois pas de “révolutionner” la vie des ménages plus modestes.


Armes à feu: libérer et défendre le port d'armes

Un droit… Fort du soutien de la NRA (puissant lobby américain des armes à feu) dont il est également membre, Donald Trump martèle, comme tout Républicain qui se respecte, que le “droit de posséder une arme ne doit pas être transgressé”. Il a notamment multiplié les promesses d’abroger les réglementations mises en place par Obama pour limiter le port d’armes.

… à préserver. Le futur président a choqué en allant jusqu’à suggérer de prendre les armes contre son adversaire Hillary Clinton, qu’il accuse de vouloir “abolir le deuxième amendement”. Il en va de la sécurité des citoyens, estime-t-il. Car le milliardaire soutient avec aplomb qu’une réglementation moins stricte sur le port des armes en France aurait permis de réduire le nombre des victimes lors des attentats du 13 novembre.


Education: la concurrence pour améliorer l'enseignement

Choix. L’enseignement était le grand absent des points de programme de Donald Trump. Le futur président n’avait pris position sur le sujet qu’en septembre dernier, en prônant le modèle des chèques d’éducation, qui permettraient à toute famille d’inscrire ses enfants dans l’école de son choix, qu’elle soit privée ou publique. Aussi, ces “vouchers” établiraient de fait une concurrence entre les établissements scolaires, obligés de s’améliorer pour pouvoir rivaliser.

Privatiser. Pour ce qui est de l’enseignement supérieur, le milliardaire a attiré l’attention sur le fait que “l’éducation gratuite n’existe pas”, fustigeant le système actuel de financement des dettes d’études par le gouvernement fédéral. Afin de supprimer ces frais de la facture des contribuables, Donald Trump veut privatiser le système de prêt étudiant.


Sécurité nationale: "Le candidat de la loi et de l'ordre"

Intimidation. Tous les points du programme de Donald Trump étaient destinés à répondre à un seul et unique objectif : “Make America great again”. Et l’Amérique ne peut être grandiose que si elle fait trembler ses ennemis. Ainsi, le futur président veut-il réinstaurer la torture, comme le supplice de la baignoire, voire “bien pire”, et accroître les forces armées, après 25 ans de vaches maigres.
Quant aux familles des terroristes, il a promis de les “éliminer” – avant de revenir maladroitement sur cette promesse.

Protection. La sécurité sera améliorée aussi sur le sol américain et ce dès “janvier 2017”, promet le futur président républicain. “J’ai un message pour vous. Le crime et la violence prendront bientôt fin”, a-t-il dit dans son macabre discours d’investiture.