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Angela Merkel garde une santé électorale insolente après douze ans de pouvoir. Elle a des points forts et des points faibles, les qualités de ses défauts et les défauts de ses qualités. Petit tour d’horizon.

1 Elle répond à un désir de normalité

L’image qu’elle projette - celle d’une Allemande comme les autres -, la simplicité qui émane d’elle, avec ce côté sans chichi ni ostentation, lui assurent un large soutien. La femme la plus puissante du monde, comme l’a qualifiée à plusieurs reprises le magazine américain "Forbes", sait rester à la hauteur du commun des mortels.

Elle habite dans un petit immeuble berlinois au bord de la Spree et fait ses courses au supermarché; elle jardine dans sa datcha du Brandebourg, se ressource au contact de la nature et prépare de la soupe aux pommes de terre. Peu loquace sur sa vie privée, elle vient de révéler sa recette au magazine populaire "Bunte" :"J’écrase toujours les pommes de terre avec un presse-purée, jamais au mixer, il reste comme cela toujours quelques morceaux dedans." De ces moments de vie normale, préservés avec soin et discipline, elle tire force et tranquillité.

"Ce que j’admire le plus profondément chez elle", explique Marion Van Renterghem, qui est partie sur ses traces dans "Angela Merkel. L’ovni politique" (Les Arènes),"c’est sa résistance au côté noir du pouvoir, à la mesquinerie, au goût de l’argent, à la condescendance, à l’esprit de cour. Elle ne tire aucun plaisir de l’exercice de sa supériorité, de son influence sur les gens. C’est une force morale énorme".